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Code postal :
42040
Latitude :
32.32146
Longitude :
34.85320
Zone horaire :
Asia/Jerusalem
Fuseau horaire :
UTC+2
Heure d’été :
Y

La ville de Netanya appartient au district Center et au sous-district Netanya.

La ville de Netanya s’étend sur 28,954 km² et compte 184 200 habitants (recensement de 2006) pour une densité de 6 361,82 habitants par km².
Le maire de la ville de Netanya est actuellement Miriam Fierberg-Ikar.
Le nom français de la ville est Netanya, le nom anglais de la ville est Netanya.
La ville de Netanya a été fondée en 1929. Le site Internet de Netanya est http://www.netanya.muni.il

 

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18°cCouverture nuageuse % : 75Vitesse du vent en km/h: 30

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Date: 2015-04-25

25°cTempérature mini °C: 16Vitesse du vent en km/h: 31

Villes voisines

  • Itamar ~3 km
  • Avihayil ~4 km
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  • Tzuki Yam ~4 km
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Ben Gurion ~35 km
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Y

La ville de Netanya appartient au district Center et au sous-district Netanya.

La ville de Netanya s’étend sur 28,954 km² et compte 184 200 habitants (recensement de 2006) pour une densité de 6 361,82 habitants par km².
Le maire de la ville de Netanya est actuellement Miriam Fierberg-Ikar.
Le nom français de la ville est Netanya, le nom anglais de la ville est Netanya.
La ville de Netanya a été fondée en 1929. Le site Internet de Netanya est http://www.netanya.muni.il

 

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Carnet 18 Posted on April 17, 2015 by Olivier YPSILANTIS

Carnet 18

 

J’ai pu constater au cours de nombreuses recherches que les littératures anti-judaïques, antisémites et antisionistes sont généreusement mises en ligne, sur Internet, et qu’elles proposent volontiers des livres épuisés, difficiles à se procurer. Ils sont mis en ligne dans leur intégralité, avec ingéniosité, de manière à permettre une agréable lecture… Étrange, n’est-ce pas ? Celui d’Auguste Chirac, un poids lourd de l’antisémitisme, par exemple. Celui d’Israël Shahak (un contempteur juif du judaïsme), ‟Histoire juive – Religion juive”, est gracieusement mis en ligne par l’éditeur d’extrême-gauche négationniste ‟La Vieille Taupe”, préfacé par Edward W. Saïd. Si vous doutez encore de ‟l’impartialité” de Wikipedia, entrez ‟Israël Shahak”. L’article est abondant, une véritable colique, avec des liens qui permettent un accès direct à l’intégralité de ses écrits. Bien peu d’écrivains ont droit à un tel traitement de faveur sur Wikipedia.

J’ai suivi le cas Israël Adam Shamir et Maria Poumier. Je me dis et me redis : Est-il possible que nous vivions sur une même planète et respirions le même air ? Pourquoi les écrits à forte connotation antisémite (et antisioniste) qui émanent de chapelles très diverses sont-il si obligeamment mis en ligne dans leur intégralité et aisément téléchargeables, parfois même directement à partir de Wikipédia ?

 

Maria PournierMaria Poumier (né en 1950)

 

Alain Soral et M’bala M’bala ont une généalogie ‟intellectuelle” et “spirituelle” échevelée, presqu’aussi échevelée que celle de Paul Rassinier avec lequel ils ont beaucoup à voir, Paul Rassinier qui a vite compris la parfaite complémentarité entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche, une complémentarité dans laquelle ‟le Juif” occupe bien malgré lui une place centrale.

De grâce, qu’Israël ne s’embobine pas avec les Saoudiens pour cause de danger iranien !  Se mettre en ménage avec l’ami bête pour contrecarrer l’ennemi intelligent ne me semble pas une solution appropriée ; elle se révèle contre-productive à la longue. Je reconnais toutefois que l’instrumentalisation des Arabes par les Iraniens présente un danger non négligeable.

 

L’attitude du quai d’Orsay, de l’AFP (et autres basses-cours) envers Israël a une généalogie. Israël peut être critiqué — comme peut l’être tout État et ses gouvernements — mais pas de la sorte, à coup de propos lourds de sous-entendus, propos qui ont une généalogie, je le répète.

 

LE "QUAI D'ORSAY"Le Quai d’Orsay (métonymie pour « ministère des Affaires étrangères »), un somptueux repaire antisioniste.

 

Mot à un blogueur : « J’ai lu votre article avec plaisir ; il appelle toutefois une mise en perspective historique que Michel Dreyfus trace dans un livre pionnier : ‟L’antisémitisme à gauche – Histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours”. A ce propos, je me permets une critique (amicale) : Vous passez un peu vite sur le basculement qui s’est opéré après la guerre des Six Jours (1967) dans l’opinion publique française (pour ce citer qu’elle), une guerre qui fit passer les Juifs du statut de victime au statut de vainqueur — ou à celui de bourreau si vous préférez, les ‟Palestiniens” devenant LEURS victimes. Or, vous savez mieux que moi que si le Juif faible est à l’occasion plaint et cajolé, le Juif fort occasionne volontiers de l’urticaire, parfois même de l’hyper-acidité gastrique et pire sur de nombreux organismes. Les déclarations d’Alain Soral et de son compère M’Balala M’Balala ont une généalogie, à gauche notamment. Si vous lisez le livre ci-dessus mentionné, vous verrez que des eaux sales venues de diverses canalisations confluent dans un grand égout central, à divers moments de l’histoire et aujourd’hui.

L’antisémitisme et l’antisionisme se superposent presque parfaitement ; je dis « presque » car je mets à part certains groupes comme ces Juifs ‟orthodoxes” (je n’aime guère cette dénomination fourre-tout, trop commode, c’est pourquoi je place des guillemets) qui vitupèrent contre Israël au nom de je ne sais quelle orthodoxie, de je ne sais quel messianisme. Il y a aussi les antisémites-sionistes qui jugent que les Juifs sont un peu trop présents et qu’ils doivent rentrer chez eux, en Israël. J’ai pu relever chez eux les trois traits suivants (il y en d’autres moins marqués) : 1 – Les Juifs ont un pays à défendre, avec ses frontières ; à présent, ils nous ressemblent. 2 – Une admiration clairement exprimée pour Tsahal. 3 – Une détestation des Arabes et une secrète jubilation lorsqu’Israël leur rend les coups. Bref, pour ces antisémites-sionistes, le Juif de la diaspora convertit en israélien devient respectable, digne d’admiration même. Les antisémites-sionistes constituent une catégorie, avec ses nuances. Il me semble (et j’en suis même certain) qu’ils sont de moins en moins nombreux. La détestation d’Israël emporte tout, comme un tsunami.

Vous écrivez : ‟Si on s’exprime, en tant que non-juif, est-ce qu’on n’est pas toujours susceptible de dire ce qu’il ne fallait pas ? Faut-il plus de tabou, de politiquement correct ? Je n’ai pas envie de me perdre dans des excès d’égards comme cela m’arrive avec les handicapés et dont je me dis qu’ils perçoivent le malaise, et que c’est pire que tout.” Don’t worry. Quand on aime une culture et un peuple, on peut y avancer sans crainte ; et la maladresse est vite pardonnée. Le politiquement correct n’est qu’un outil manipulé par les pouvoirs pour nous contraindre à marcher au pas. C’est un truc à l’usage du troupeau. Il ne s’agit pas de vouloir choquer, pas plus qu’il ne s’agit de vouloir être politiquement correct.

Ce qui m’a toujours fasciné dans le judaïsme, c’est qu’il m’apparaît plus comme une école de pensée que comme une religion. Je me répète, je le sais. J’ai souvent trouvé des réponses à mes questions — de fait, ces réponses amplifient et réorientent mes questions — en lisant des rabbins. Les Juifs m’aident à vivre, je ne sais pourquoi, car leur fréquentation n’est pas toujours reposante — ai-je gaffé ?

Un mot suite à l’attentat contre le Musée juif de Bruxelles. La communauté marocaine en Belgique est particulièrement importante, de même en Espagne où cette communauté ne cesse d’augmenter. Au sein de ces communautés, des noyaux se radicalisent sur fond de conflits, le syrien particulièrement. Ils bénéficient d’une relative tolérance pour ne pas dire complicité de la part de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche (voir le député belge Laurent Louis), le tout reposant sur un antisémitisme venu de loin et bien européen, bien chrétien.

L’antisioniste s’est fait le porte-parole des ‟damnés de la terre”, le Palestinien a remplacé le Prolétaire. On n’insistera jamais assez sur ce point. Un Juif antisioniste sera accepté voire porté aux nues par les médias ; un Juif sioniste sera précipité dans la Géhenne.

Renaud Girard est l’un des rares analystes politiques français qui ne se laisse pas aller à des sous-entendus diversement puants lorsqu’il est question d’Israël. L’article suivant contient d’intéressantes propositions :

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/04/31002-20140704ARTFIG00215-califat-irakien-le-reve-de-l-oumma-est-il-realiste.php

 

Olivier Ypsilantis

 

 

Carnet 18

 

J’ai pu constater au cours de nombreuses recherches que les littératures anti-judaïques, antisémites et antisionistes sont généreusement mises en ligne, sur Internet, et qu’elles proposent volontiers des livres épuisés, difficiles à se procurer. Ils sont mis en ligne dans leur intégralité, avec ingéniosité, de manière à permettre une agréable lecture… Étrange, n’est-ce pas ? Celui d’Auguste Chirac, un poids lourd de l’antisémitisme, par exemple. Celui d’Israël Shahak (un contempteur juif du judaïsme), ‟Histoire juive – Religion juive”, est gracieusement mis en ligne par l’éditeur d’extrême-gauche négationniste ‟La Vieille Taupe”, préfacé par Edward W. Saïd. Si vous doutez encore de ‟l’impartialité” de Wikipedia, entrez ‟Israël Shahak”. L’article est abondant, une véritable colique, avec des liens qui permettent un accès direct à l’intégralité de ses écrits. Bien peu d’écrivains ont droit à un tel traitement de faveur sur Wikipedia.

J’ai suivi le cas Israël Adam Shamir et Maria Poumier. Je me dis et me redis : Est-il possible que nous vivions sur une même planète et respirions le même air ? Pourquoi les écrits à forte connotation antisémite (et antisioniste) qui émanent de chapelles très diverses sont-il si obligeamment mis en ligne dans leur intégralité et aisément téléchargeables, parfois même directement à partir de Wikipédia ?

 

Maria PournierMaria Poumier (né en 1950)

 

Alain Soral et M’bala M’bala ont une généalogie ‟intellectuelle” et “spirituelle” échevelée, presqu’aussi échevelée que celle de Paul Rassinier avec lequel ils ont beaucoup à voir, Paul Rassinier qui a vite compris la parfaite complémentarité entre l’extrême-droite et l’extrême-gauche, une complémentarité dans laquelle ‟le Juif” occupe bien malgré lui une place centrale.

De grâce, qu’Israël ne s’embobine pas avec les Saoudiens pour cause de danger iranien !  Se mettre en ménage avec l’ami bête pour contrecarrer l’ennemi intelligent ne me semble pas une solution appropriée ; elle se révèle contre-productive à la longue. Je reconnais toutefois que l’instrumentalisation des Arabes par les Iraniens présente un danger non négligeable.

 

L’attitude du quai d’Orsay, de l’AFP (et autres basses-cours) envers Israël a une généalogie. Israël peut être critiqué — comme peut l’être tout État et ses gouvernements — mais pas de la sorte, à coup de propos lourds de sous-entendus, propos qui ont une généalogie, je le répète.

 

LE "QUAI D'ORSAY"Le Quai d’Orsay (métonymie pour « ministère des Affaires étrangères »), un somptueux repaire antisioniste.

 

Mot à un blogueur : « J’ai lu votre article avec plaisir ; il appelle toutefois une mise en perspective historique que Michel Dreyfus trace dans un livre pionnier : ‟L’antisémitisme à gauche – Histoire d’un paradoxe, de 1830 à nos jours”. A ce propos, je me permets une critique (amicale) : Vous passez un peu vite sur le basculement qui s’est opéré après la guerre des Six Jours (1967) dans l’opinion publique française (pour ce citer qu’elle), une guerre qui fit passer les Juifs du statut de victime au statut de vainqueur — ou à celui de bourreau si vous préférez, les ‟Palestiniens” devenant LEURS victimes. Or, vous savez mieux que moi que si le Juif faible est à l’occasion plaint et cajolé, le Juif fort occasionne volontiers de l’urticaire, parfois même de l’hyper-acidité gastrique et pire sur de nombreux organismes. Les déclarations d’Alain Soral et de son compère M’Balala M’Balala ont une généalogie, à gauche notamment. Si vous lisez le livre ci-dessus mentionné, vous verrez que des eaux sales venues de diverses canalisations confluent dans un grand égout central, à divers moments de l’histoire et aujourd’hui.

L’antisémitisme et l’antisionisme se superposent presque parfaitement ; je dis « presque » car je mets à part certains groupes comme ces Juifs ‟orthodoxes” (je n’aime guère cette dénomination fourre-tout, trop commode, c’est pourquoi je place des guillemets) qui vitupèrent contre Israël au nom de je ne sais quelle orthodoxie, de je ne sais quel messianisme. Il y a aussi les antisémites-sionistes qui jugent que les Juifs sont un peu trop présents et qu’ils doivent rentrer chez eux, en Israël. J’ai pu relever chez eux les trois traits suivants (il y en d’autres moins marqués) : 1 – Les Juifs ont un pays à défendre, avec ses frontières ; à présent, ils nous ressemblent. 2 – Une admiration clairement exprimée pour Tsahal. 3 – Une détestation des Arabes et une secrète jubilation lorsqu’Israël leur rend les coups. Bref, pour ces antisémites-sionistes, le Juif de la diaspora convertit en israélien devient respectable, digne d’admiration même. Les antisémites-sionistes constituent une catégorie, avec ses nuances. Il me semble (et j’en suis même certain) qu’ils sont de moins en moins nombreux. La détestation d’Israël emporte tout, comme un tsunami.

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Ce qui m’a toujours fasciné dans le judaïsme, c’est qu’il m’apparaît plus comme une école de pensée que comme une religion. Je me répète, je le sais. J’ai souvent trouvé des réponses à mes questions — de fait, ces réponses amplifient et réorientent mes questions — en lisant des rabbins. Les Juifs m’aident à vivre, je ne sais pourquoi, car leur fréquentation n’est pas toujours reposante — ai-je gaffé ?

Un mot suite à l’attentat contre le Musée juif de Bruxelles. La communauté marocaine en Belgique est particulièrement importante, de même en Espagne où cette communauté ne cesse d’augmenter. Au sein de ces communautés, des noyaux se radicalisent sur fond de conflits, le syrien particulièrement. Ils bénéficient d’une relative tolérance pour ne pas dire complicité de la part de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche (voir le député belge Laurent Louis), le tout reposant sur un antisémitisme venu de loin et bien européen, bien chrétien.

L’antisioniste s’est fait le porte-parole des ‟damnés de la terre”, le Palestinien a remplacé le Prolétaire. On n’insistera jamais assez sur ce point. Un Juif antisioniste sera accepté voire porté aux nues par les médias ; un Juif sioniste sera précipité dans la Géhenne.

Renaud Girard est l’un des rares analystes politiques français qui ne se laisse pas aller à des sous-entendus diversement puants lorsqu’il est question d’Israël. L’article suivant contient d’intéressantes propositions :

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/04/31002-20140704ARTFIG00215-califat-irakien-le-reve-de-l-oumma-est-il-realiste.php

 

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Shabbat shalom! (17:00)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 16:00

 

Irak: l’adjoint de Saddam Hussein tué (16:36)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 15:36

Ezzat Al-Duri, officier supérieur qui fut l’adjoint de Saddam Hussein a été tué lors des combats qui… Read more →

 

France: le gouvernement expose son plan contre l’antisémitisme (16:22)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 15:22

Manuel Valls wikiLe Premier ministre français Manuel Valls a présenté vendredi son nouveau plan de lutte contre l&…Read more →

 

La h’assidout Belz, l’un des symboles de la victoire juive sur le nazisme (16:00)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 15:00

Hasidut Belz recite the Tashlich prayerLa h’assidout Belz, qui était la plus importante numériquement en Galicie avant la guerre a été pra…Read more →

 

Barack Obama a volontairement tu des violations de l’embargo par l’Iran (15:00)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 13:59

Drapeau iranienSelon des sources américaines, la Corée du nord a fourni à l’Iran des éléments sensibles qui entr…Read more →

 

Propos controversés de l’ambassadeur d’Israël en Jordanie (14:28)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 13:28

.Daniel Nevo, ambassadeur d’Israël à Amman a donné une conférence devant des étudiants en 2e cycle de… Read more →

 

Rencontre Netanyahou-Benett (13:50)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 12:50

Après plusieurs semaines de rupture de contact direct et d’accusations réciproques, le Premier m… Read more →

 

Paris: manifestation du Beitar devant l’ambassade d’Iran (13:36)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 12:36

Un petit groupe du Beitar mondial a manifesté devant l’ambassade d’Iran à Paris le jour de Yom H… Read more →

 

Un avocat menacé par des terroristes (13:22)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 12:22

NETANYAHU MEETS WITH FATHER GABRIEL NADAFEyal Platek est avocat. Il assure notamment la défense de jeunes arabes chrétiens menacés parce qu… Read more →

 

Yémen : 20 insurgés tués dans une attaque saoudienne (11h56)

Posté le: Friday 17 April 2015 — 10:57

L’armée de l’air saoudienne a bombardé une caravane d’insurgés en route pour prêter main forte à l… Read more →

 

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DE CHABAD LE MAGAZINE DE LA SEMAINE -

Magazine

Chemini

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Saisons de l’âme
Les travailleurs âgés
Par Elisha Greenbaum
L’âgisme – la discrimination fondée sur l’âge – n’a aucun sens économiquement parlant pour les entreprises. La Sefirat HaOmer est édifiante à ce sujet.
Récit
Les maîtres d’école de Beshenkovitz
Extrait du journal de Rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch
Pendant cinq mille six cent soixante et une années, neuf mois, treize jours, quinze heures et tant de minutes, dit Père, cet endroit particulier a attendu Peretz et Mendel. Il a attendu que Peretz et Mendel viennent s’y asseoir pour répéter des mots de la Torah et ainsi accomplir et révéler le dessein divin contenu dans la pensée céleste originelle de la création…
Le mariage juif
Les Dix Commandements du mariage: 4ème commandement
par Esther Piekarski
Créez de bons souvenirs, dégagez du temps pour votre mariage et n’oubliez pas qu’il y a un troisième Partenaire dans votre union…
Pirkei Avot
Pirkei Avot – Chapitre 1
L’Ethique des Pères est un traité de Michna qui expose la vision de la Torah sur l’éthique, la morale et les relations interpersonnelles. Découvrez dans cette section le texte de la Michna et une sélection grandissante de commentaires.
Paracha
Chemini – en bref
Ce qu’il faut manger et quand il ne faut pas trop boire…
La biosphère humaine
Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch
La signification spirituelle de la che’hitah ; les lois de la cacherout appliquées à la bête, à l’oiseau et au poisson dans l’âme de l’homme
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Saisons de l’âme
Les travailleurs âgés

La sociologie du Omer
Par Elisha Greenbaum

Nous vivons dans une société qui vénère la jeunesse. Passé la cinquantaine ou la soixantaine (et parfois même la quarantaine), les gens ont souvent du mal à trouver un emploi, la préférence étant souvent donnée aux jeunes travailleurs. Toutefois, si l’on considère les choses logiquement, l’âgisme – la discrimination fondée sur l’âge – n’a aucun sens économiquement parlant pour les entreprises.

Les gens qui ont passé un certain nombre d’années dans la population active montrent souvent beaucoup plus de dévouement et d’engagement que leurs pairs plus jeunes. Ils ont déjà affronté et surmonté tout ce qui peut perturber leur travail et comprennent l’importance de la ponctualité et de la cohérence. Ils ont une riche expérience et peuvent généralement faire appel à leurs formateurs et à leurs contacts en cas de besoin. Plutôt que d’être un frein à leur productivité, leurs compétences de vie et leur bagage les aident à contribuer à l’entreprise grâce à leurs années, plutôt que malgré celles-ci.

Nous sommes tous la somme de nos expériences. Chaque endroit que nous avons traversé, chaque personne que nous avons rencontrée et chaque problème que nous avons surmonté a participé à former notre caractère et à façonner notre personnalité. Nous en sommes là aujourd’hui grâce à notre passé et, de cette hauteur, nous pouvons contempler toutes les étapes qui ont précédé celle-ci.

C’est pourquoi, quand nous comptons la Sefirat HaOmer, nous ne numérotons pas les jours en disant : « Aujourd’hui est le premier jour », « le deuxième jour », etc. Nous les énumérons : « Aujourd’hui est trois jours », « quatre jours », etc. jusqu’à « Aujourd’hui est 49 jours, qui font sept semaines ».

Il est très tentant de toujours regarder de l’avant et de miser sur le potentiel, mais il est aussi important d’apprécier ce que l’on a déjà atteint. Plutôt que de considérer votre position actuelle comme une simple étape sur un chemin qui mène ailleurs, n’oubliez pas que vous êtes formé(e) par vos accomplissements. Ce jour ne se réduit pas au « nième jour » d’un processus, mais il commémore « n jours » complets de réalisations, qui ont fait de vous ce que vous êtes et qui vous aideront dans les jours à venir.

 

Le Rav Elisha Greenbaum est le leader spirituel de la Moorabbin Hebrew Congregation et le co-directeur de L’Chaim Chabad à Moorabbin, dans l’État de Victoria en Australie.

 

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Récit
Les maîtres d’école de Beshenkovitz

L’immense plaisir de D.ieu
Extrait du journal de Rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch

… Le voyage de Loubavitch à Serebrinka suit les routes Shileve et Zarietche à travers les villages de Slabaditch, Haimovka et Shubkes, et à travers la ville de Rudnia. De Rudnia on prend l’autoroute pour quelque sept verstes1 jusqu’à l’embranchement vers Serebrinka. Encore une demi-verste et on arrive au domaine de Serebrinka.

Lorsque nous avons dépassé l’auberge routière de Haimovka, quelque quatre verstes après le début de notre voyage, Père (le cinquième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Chalom DovBer Schneersohn) a donné l’ordre de s’arrêter, il s’est lavé les mains, et, toujours assis dans le carrosse, a fermé ses saints yeux et a récité Tefilat HaDerekh (la prière pour faire bon voyage).

Plus tard, alors que nous roulions à travers un bosquet, Père a respiré profondément et, disant qu’il était épuisé, il a demandé qu’on ralentisse l’allure de la voiture. Fermant les yeux, il s’est appuyé contre le côté du carrosse et s’est reposé pendant un quart d’heure. Mon cœur s’est serré à la vue de sa santé fragile. Puis il a ouvert les yeux et a demandé que les chevaux reprennent leur rythme normal.

De loin, nous avons aperçu deux voyageurs à pied qui se reposaient sur un talus sur le côté de la route. Comme nous approchions, j’ai reconnu deux ‘hassidim, Reb Peretz et Reb Mena’hem Mendel, les maîtres d’école de Beshenkovitz. Quand j’ai dit à Père qui ils étaient, il a ordonné au cocher de ralentir et de passer à côté de l’endroit où ils étaient assis.

Lorsque nous sommes passés près d’eux, nous avons été témoins d’un spectacle merveilleux :

Reb Peretz et Reb Mena’hem Mendel étaient assis revêtus de leurs tsitsit et de leurs calottes, leurs manteaux, chaussures, chapeaux et cannes étaient posés à leurs côtés. Reb Mena’hem Mendel était assis les jambes croisées, appuyé sur ses coudes, ses yeux fermés ; il écoutait son ami Reb Peretz, qui était également assis les yeux serrés et répétait à haute voix un exposé de l’enseignement ‘hassidique avec l’intonation chantante employée lorsqu’on répète de la ‘Hassidout, faisant avec ses mains les gestes qu’on emploie pour expliquer une profonde idée.

Nous nous sommes arrêtés plusieurs minutes et avons observé ces deux ‘hassidim, qui ne s’en rendirent absolument pas compte. Lorsque nous avons repris notre voyage, Père a fait remarquer qu’ils révisaient le discours intitulé Qui a mesuré l’eau de Son pas que Père avait prononcé le second jour de la fête de Chavouot.

J’ai dit à Père que Reb Peretz et Reb Mena’hem Mendel m’avaient dit que ce Chavouot marquait leur trente-troisième voyage annuel à Loubavitch. Ils étaient venus la première fois en 1871. Chaque année depuis lors, y compris les années où Père n’était pas à la maison, ils marchent jusqu’à Loubavitch. C’est leur coutume d’arriver à Loubavitch le Chabbat précédant Chavouot et d’y rester jusqu’au Chabbat suivant la fête. Puis ils rentrent chez eux à pied comme ils sont venus.

Nous avons traversé la ville de Rudnia et avons atteint la grand-route qui traverse le marché. Nous y attendaient les rabbins, les cho’hatim, les notables de Rudnia ainsi que ses trois maîtres d’école – Reb Yera’hmiel, Reb Yehochoua et Reb Nathan Yits’hak – accompagnés de leurs élèves, environ 50 garçons. Tous étaient venus pour saluer Père et le bénir. Père a dit d’arrêter le carrosse et s’est entretenu avec l’assemblée plusieurs minutes, leur donnant ses bénédictions pour un été reposant et de bons revenus.

Nous avons repris la route. Il semble que la scène avec Reb Peretz et Reb Mena’hem Mendel ait fait une profonde impression sur Père, car quand nous partîmes de Rudnia, il dit :

« Pendant cinq mille six cent soixante et une années, neuf mois, treize jours, quinze heures et tant de minutes, cet endroit particulier a attendu Peretz et Mendel. Il a attendu que Peretz et Mendel viennent s’y asseoir pour répéter des mots de la Torah et ainsi accomplir et révéler le dessein divin contenu dans la pensée céleste originelle de la création, qui est scellée dans la lumière divine infinie qui vient faire émaner les mondes, qui est cachée dans la lumière divine infinie qui vient exprimer l’essence de D.ieu. (Néanmoins, ajouta Père, cette volonté et cette connaissance céleste n’empiète en aucune façon sur la liberté de choix que le Tout-Puissant a accordée à chaque individu.)

« On ne peut pas imaginer l’immensité du plaisir que cela procure au Tout-Puissant. Il est difficile d’imaginer l’envie avec laquelle les Partsoufim célestes (les « configurations » des attributs divins) convoitent l’acte de ces maîtres d’école de Beshenkovitz. Les rabbis, dont les âmes sont au ciel, se réjouissent d’avoir de tels « petits-enfants ».

« Les enseignants ‘hassidiques sont les véritables luminaires des maisons juives. Ils sont les “Abraham” de leur génération, qui répandent la divinité dans les maisons juives. Rabbi DovBer de Loubavitch témoignait d’une plus grande considération pour les enseignants que pour les rabbins, et disait : “Ce sont les enseignants qui rendent les Juifs réceptifs au divin.” »

À ce stade, nous avons quitté la grand-route pour nous engager dans le chemin de terre. Bientôt, nous avons passé les rangées d’arbres et la maison sur la colline nous apparut. C’est notre logement dans la résidence de campagne de Serebrinka – puisse le Tout-Puissant couronner notre arrivée de succès.

Reb Guershon le forgeron a préparé la soupe et le lait, et les a placés sur la grande terrasse qui donne sur le terrain. Après avoir bu une tasse de soupe chaude, je suis allé visiter le parc… Et maintenant je suis assis et j’écris ; l’air est bon, et tout est calme et reposant.

 

Extrait du journal du sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson; adaptation de Yanki Tauber, version française d’Emmanuel Mergui.
Originally published in Once Upon A Chassid (Kehot, 1994).

 

NOTES
1. Mesure de longueur anciennement utilisée en Russie qui valait 1067 mètres.
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Le mariage juif
Les Dix Commandements du mariage: 4ème commandement

« Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier »
par Esther Piekarski

Souviens-toi

La mémoire est une bonne chose. Créez de bons souvenirs pour vous et votre famille. Le temps passé ensemble, un sourire, un mot écrit, une photo, des fêtes d’anniversaire et des réunions de famille sont tous de merveilleux souvenirs. Sortez-les de votre banque mémorielle lorsque les choses sont difficiles. Donnez à vos enfants des souvenirs à partager. Nous avons tous de bons souvenirs, recueillis dans notre enfance, qui font surface à différents moments de notre vie et nous donnent de la force. Créez-en de nouveaux ensemble dans votre vie conjugale. Laissez-vous aller, encouragez-vous à vous attarder sur les bons moments.

J’ai eu l’occasion de parler une fois avec une femme qui travaille avec des couples en instance de divorce. Je voulais aider les couples à se réconcilier avant qu’ils ne passent à quelque chose d’aussi tragique et définitif que le divorce. Elle m’a dit comment elle savait s’il y avait ou non un espoir qu’un couple se réconcilie. Elle leur demande sur un ton de conversation ; « Alors, comment vous êtes-vous rencontrés ? » S’ils répondent avec un petit sourire, avec une lueur d’émotion positive dans leurs yeux, elle sait qu’il y a encore de l’espoir. Mais s’ils disent qu’ils ne s’en rappellent pas ou s’ils la regardent avec un visage de pierre…

Garde

Le Chabbat est le jour où nous renforçons notre lien avec D.ieu, un jour où nous passons du temps à des activités spirituelles plutôt qu’à courir après notre gagne-pain.

Dégagez du temps pour votre mariage. Prenez une journée, ou une soirée pour vous deux, et faites-en un temps sans téléphone, sans sonnette et sans autres distractions.

Un homme très occupé promettait toujours à sa femme de prendre du temps pour être seul avec elle, mais il n’y parvenait jamais. Il n’avait tout simplement pas le temps dans sa journée, lui disait-il. Elle n’avait aucun doute qu’il était vraiment occupé par des choses importantes. Un jour, elle lui dit que l’un de ses plus grands soutiens avait appelé, annonçant qu’il arrivait en ville. Elle lui dit qu’elle avait prévu une réunion pour eux dans le lobby de l’hôtel où ce grand soutien allait séjourner. Plein de gratitude, son mari inscrivit la réunion sur son agenda. Quand il arriva au rendez-vous avec deux heures devant lui qu’il avait dégagées pour les consacrer à ce soutien, il trouva sa femme qui l’attendait. Elle lui dit : « Je suis ton plus grand soutien et j’ai besoin de temps avec toi. »

Prenez conscience de qui est réellement votre plus grand soutien, et accordez-lui le temps et l’attention dont il ou elle a besoin et qu’il ou elle mérite. Au final, votre relation en sera bénéficiaire.

Pour le sanctifier, pour le garder saint

Qu’est-ce qui peut rendre notre mariage plus riche, plus fort et plus durable ? Nous devons reconnaître qu’il y a un troisième Partenaire dans notre mariage : D.ieu. La sainteté est la notion la plus importante dans un mariage juif. Traitez votre mariage comme l’union sacrée qu’il est.

Nous devons reconnaître qu’il y a un troisième Partenaire dans notre mariageVotre mariage ne vous concerne pas seulement vous deux. Il n’est pas seulement affaire de ce que vous voulez ou de ce que votre conjoint veut. Il est composé de vous, de votre conjoint et de D.ieu. Que veut-Il ? Si vous vous employez tous les deux à Le contenter, vous parviendrez à vous contenter vous-même et à vous contenter l’un l’autre.

Le sujet de la kedoucha (la sainteté) dans le mariage est un sujet à part entière. Il faut toujours se rappeler que, sous le dais nuptial, D.ieu a été invité dans cette union et en a alors fait un mariage légal « selon la loi de Moïse et d’Israël ». Tant que nous respectons et défendons cela en l’incluant dans notre vie quotidienne, nous méritons que notre foyer soit béni par D.ieu.

 

Propos recueillis par Rishe Deitsch.

Esther Piekarski est une émissaire du Rabbi de Loubavitch à Tel Aviv où elle enseigne aux futurs mariés ainsi que dans le cadre de nombreux séminaires. Elle est aussi une conférencière de renommée internationale.

Rishe Deitsch est la rédactrice en chef de la N’shei Chabad Newsletter.

 

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Pirkei Avot
Pirkei Avot – Chapitre 1

Texte et commentaires

 

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Paracha
Chemini – en bref

Lévitique 9, 1 – 11, 47

Au huitième jour (suivant les « sept jours d’inauguration »), Aaron ainsi que ses fils commencent leur office de Cohanim, de prêtres. Après que les différentes offrandes ont été présentées, un feu sort de devant l’Eternel et les consume sur l’Autel. Dès lors, la Présence Divine réside dans le Sanctuaire.

Les deux premiers fils d’Aaron, Nadav et Avihou, offrent « un feu étranger que D.ieu ne leur avait pas commandé » et meurent devant D.ieu. Aaron demeure silencieux devant ce drame. Suite à cela, Moïse et Aaron sont en désaccord sur un détail de la loi concernant les sacrifices, et Moïse reconnaît que Aaron a raison..

D.ieu ordonne les lois de la cacherout, désignant les espèces permises à la consommation et celles qui sont interdites. Les animaux terrestres ne sont autorisés que s’ils sont à la fois ruminants et ont le sabot fendu. Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Une liste d’oiseaux non cachères est donnée, ainsi qu’une liste d’insectes cachères (quatre espèces de sauterelles).

La paracha de Chemini contient également certaines lois relatives à la pureté rituelle qui incluent le pouvoir purifiant du Mikvé (un bassin répondant à des critères spécifiques) et d’une source. Le peuple juif est enjoint de « distinguer entre le pur et l’impur ».

 

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Paracha
La biosphère humaine

Qu’est-ce qui nous permet de consommer des animaux?
Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch

Les animaux terrestres, qui furent créés à partir de la terre, sont rendus aptes à la consommation par le sectionnement des deux conduits vitaux (la trachée et l’œsophage). Les poissons, qui ont été créés à partir de l’eau, n’ont besoin d’aucune che’hitah pour les rendre aptes à la consommation. Les oiseaux, qui furent créés d’un mélange de terre et d’eau, sont rendus aptes à la consommation par le sectionnement de l’un ou l’autre des deux conduits vitaux.

Talmud, ‘Houline 27b

Dans la terminologie kabbalistique et ‘hassidique, « la terre » et « l’eau » symbolisent respectivement la matérialité et la spiritualité. Au-delà de l’analogie classique de la terre avec la trivialité et la sécularité et de l’eau avec la pureté et la sublimité, la dualité terre/eau exprime l’une des différences fondamentales entre la matière et l’esprit. En effet, la terre est faite de granules distinctes, alors que l’eau forme un ensemble uni. Lorsque deux sortes de terre (ou deux quelconques solides1) sont mélangées, elles demeurent deux entités séparées, quel que soit leur degré de mélange. Les liquides, en revanche, se mélangent au point de ne plus être discernable l’un de l’autre.2 C’est d’ailleurs en introduisant un élément liquide à un mélange solide qu’il est possible de le convertir en un tout intégré (comme lors de la fabrication de la pâte à pain), ou bien en le chauffant à son point de fusion (comme dans la soudure).

De la même manière, la matérialité tend vers la pluralité et la division, alors que le spirituel se caractérise par l’unité et l’intégrité. Le monde matériel présente une grande diversité de créatures, d’éléments et de forces, dont chacun est voué à la préservation et au développement de sa propre existence. L’être matériel est par essence égocentrique, s’efforçant de consommer ce dont il a besoin (ou ce qu’il désire) pour lui-même, et s’opposant aux tentatives de ceux qui cherchent à le consommer, lui. Bien qu’il y ait de nombreux exemples de coopération et de symbiose dans le monde matériel, leur but en est toujours le bénéfice mutuel plutôt que l’unité altruiste. Plus encore, ces cas mêmes représentent une victoire de l’esprit sur la matière et n’existent qu’au prix d’un combat contre l’instinct égocentrique de chacun (considérez l’affrontement des égos au sein d’un couple ou les tensions liées aux origines ethniques ou aux classes sociales dans la société).

D’un autre côté, la spiritualité, à l’instar de l’eau, est caractérisée par l’unité et la cohésion et, tout comme l’eau, elle est un agent de l’unité lorsqu’elle est introduite dans le terreau de la matérialité. Par exemple, l’âme amalgame un ensemble de cellules et de membres en une entité appelée « vie » ; une idée relie une multitude de faits disparates en un ensemble cohérent ; l’amour (lorsqu’il est spirituel et altruiste) substitue au « moi » inné un « nous » commun. Et lorsque l’homme déplace son centre d’intérêt de la quête de la gratification matérielle vers le service de son Créateur, les granules hétéroclites et antagonistes de sa vie matérielle fusionnent en un flux unifié, car chacun de ses actes, chacune de ses entreprises contribuent dorénavant à l’harmonie du monde et à unir celui-ci avec sa Source.

Bétail, volaille et poissons

Les lois de la cacherout, commandées par la Torah (principalement dans Lévitique 11 et Deutéronome 14) et interprétées et développées dans le Talmud (particulièrement dans le traité ‘Houline) établissent quelles nourritures sont permises aux Juifs et lesquelles leur sont interdites. Concernant la consommation des animaux, les lois de la cacherout séparent ceux-ci en trois catégories : a) les animaux terrestres, b) les oiseaux et c) les poissons.3

L’une des lois dans lesquelles cette distinction est marquée est celle de l’éventuelle nécessité de che’hitah, l’abattage rituel. Lorsqu’il est déterminé qu’un animal est cachère,4 un ensemble de lois régissent la façon dont celui-ci doit être abattu. Une minuscule irrégularité dans la lame du couteau, ou la moindre déviation dans la manière prescrite d’abattre, rendent l’animal treif et inapte à la consommation. Cependant, ces lois diffèrent selon les catégories d’animaux. L’exigence la plus rigoureuse en matière de che’hitah concerne les « animaux terrestres », le bétail : le couteau d’abattage doit sectionner la majorité de l’épaisseur des deux conduits vitaux que sont la trachée et l’œsophage. À l’autre bout du spectre, se trouvent les poissons, qui n’ont besoin d’aucune che’hitah. Les oiseaux constituent une catégorie intermédiaire entre le bétail et les poissons : ils leur faut une che’hitah, mais il suffit que celle-ci sectionne (la majorité d’)un seul des deux conduits vitaux, la trachée ou bien l’œsophage.

Le Talmud explique que ces différences sont liées avec les origines premières de ces trois sortes de créatures. Le bétail fut créé de la terre (Genèse 1, 24), et requiert ainsi une che’hitah intégrale ; les poissons furent créés de l’eau (ibid., verset 20), et ne requièrent donc aucune che’hitah ; les oiseaux, qui furent créés d’un mélange de terre et d’eau (ibid., et 2, 195), requièrent la che’hitah « partielle » qui leur est prescrite.

Mais quelle est la relation entre la nature de l’animal et la manière dont il doit être abattu ? Pourquoi plus une créature est « terrestre » et plus elle a besoin de che’hitah ? Pour comprendre cela, nous devons en premier lieu nous pencher sur la manière dont tout ce qui précède s’applique au monde intérieur de l’âme humaine. « L’homme est un univers miniature »,6 ont dit nos sages, faisant écho à l’adage du roi Salomon « Aussi le monde a-t-Il placé dans leur cœur »7 ; S’il existe trois catégories de vie animale au plan macrocosmique, cela est vrai également chez l’homme : notre biosphère intérieure inclut également la bête terrestre, la créature aquatique et le composite air/eau qui chevauche le vent. Ici également s’appliquent les lois de la cacherout et de la che’hitah, nous enseignant à distinguer le souhaitable de l’indésirable dans notre psychisme, et de quelle manière en rendre ses éléments « cachères » aptes à être consommés et métabolisés dans le cours quotidien de la vie.

Les trois âmes de l’homme

Dans les premiers chapitres du Tanya, la « bible » du ‘hassidisme ‘Habad-Loubavitch, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi établit que nous possédons tous deux âmes distinctes : « l’âme animale » (néfèch habahamit),8 et « l’âme divine » (néfèch haélokit).9 L’âme animale est l’essence de la vie physique. Elle est entièrement tournée vers soi, chacun de ses actes et désirs étant motivé par sa quête de satisfaction et d’amélioration de sa condition. En cela, l’âme animale partage la nature de tous les êtres physiques, dont l’instinct le plus basique est la préservation et l’amélioration de sa propre existence. À l’inverse, l’essence de « l’âme divine » est son élan pour s’unir à sa source, pour se fondre dans la réalité universelle de D.ieu. Si cette aspiration venait à se concrétiser, l’âme divine cesserait d’exister comme entité distincte.10 Tels sont néanmoins sa nature et son désir. Cette dualité est à l’origine du combat incessant de la vie : la lutte entre la matière et l’esprit, entre l’affirmation de soi et le dépassement de soi. Chaque pensée, désir et acte de l’homme découle de l’une de ces deux âmes, en fonction de laquelle est parvenue à dominer l’autre et s’est affirmée dans l’esprit, dans le cœur et dans le comportement de la personne.

L’enseignement ‘hassidique évoque une troisième âme, intermédiaire, présente en chaque être humain : une âme moins subjective que l’âme animale, mais pas aussi transcendante que l’âme divine. Il s’agit de néfèch hasikhlit, « l’âme intellectuelle ». L’intellect de l’homme est l’élément le plus transcendant de son être naturel, capable de pensée objective et d’autocritique. Cela ne signifie pas que l’intellect est totalement dénué des inhibitions liées à l’égo et l’intérêt personnel, mais il possède au moins la capacité de concevoir des réalités supérieures et de percevoir ainsi l’insignifiance de l’égo vis-à-vis d’une vérité absolue. L’être intellectuel est donc le pont entre l’âme divine, qui aspire à l’union totale avec D.ieu au prix de sa propre existence, et l’âme animale, qui est aveugle à tout ce qui sort du cadre de la satisfaction de ses instincts égotistes. C’est à travers l’âme intellectuelle que l’âme divine peut influencer l’âme animale : lorsqu’une personne prend conscience de la vérité divine et du but de son existence, cette compréhension même sert à raffiner son caractère et son comportement.11

Ce sont là la bête, l’oiseau et la créature aquatique à l’intérieur de l’homme. L’âme animale de l’homme est « l’animal terrestre » en lui,12 un être totalement matériel, individualiste et tourné vers soi, comme la terre à partir de laquelle il fut façonné. À l’opposé se trouve l’âme divine, totalement spirituelle, caractérisée par l’unité et la cohésion de l’eau de laquelle elle découle. L’âme divine de l’homme ressemble aussi à la créature aquatique par le fait qu’elle vit entièrement immergée dans sa source : de la même manière qu’un poisson ne peut pas survivre hors de l’eau qui l’a créé, l’âme divine ne peut pas concevoir d’existence séparée de sa Source divine.13 Dans les mots de Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, l’essence divine de l’homme « ne désire jamais, ni même n’est capable de se distancier de D.ieu » de sorte que « même au moment même où une personne faute, son être profond demeure loyal à D.ieu »14 et ne prend aucunement part à cet acte. Il a seulement été vaincu et étouffé par son être animal.

Et puis il y a « l’oiseau » en l’homme : une créature faite de terre et d’eau, un mélange de matière et d’esprit. Une créature capable de s’élever jusqu’aux hauteurs les plus sublimes, mais qui revient immanquablement sur terre pour s’y reposer et s’y nourrir entre ses vols. C’est l’intellect de l’homme, capable d’un côté de s’élever au-dessus de la matérialité terrestre et d’atteindre un point de vue plus élevé sur la vie et sur soi, mais qui reste rattaché, en de nombreuses façons, à la réalité physique dont il fait partie.

Tirer la vie

Avant qu’un animal puisse être mangé et devenir la matière de nos corps et le moteur de nos vies, deux conditions doivent être remplies : il doit être prononcé cachère, et il doit subir la che’hitah comme le prescrit la loi de la Torah.

« La che’hitah se résume à tirer »15 énonce le Talmud. Le sens premier de cette règle est que le couteau d’abattage doit être « tiré » sur les conduits vitaux, ce qui signifie que trancher en exerçant une pression vers le bas ou toute autre déviation du mouvement requis de va-et-vient disqualifie lache’hitah. L’enseignement ‘hassidique, cependant, révèle la signification profonde de cette loi : la che’hitah a pour fonction de « tirer » l’animal de son état bestial et de le faire pénétrer dans le domaine d’une vie consacrée au service du Créateur. Ceci est accompli en « abattant » la bête, en prenant sa vie. Le monde matériel n’est pas en soi une chose négative. Ce qui est négatif, c’est la vie matérielle, c’est-à-dire la passion et le zèle pour toutes les choses matérielles. Les Juifs savent que, bien que « le monde entier à été créé pour me servir », néanmoins « j’ai été créé pour servir mon Créateur ».16 Si l’homme s’est vu attribuer la maîtrise du monde matériel, c’est afin qu’il puisse l’utiliser dans son accomplissement de la volonté divine. Il a été créé pour vivre une vie spirituelle qui serait alimentée par le matériel, non une vie matérielle au service de laquelle seraient mises ses aptitudes spirituelles. Désirer le matériel pour lui-même, c’est devenir une partie de lui plutôt que d’en faire une partie de soi et un partenaire des efforts investis pour atteindre des objectifs transcendants. Ainsi, même après avoir trié les aspects « cachères » de la vie de ceux qui ne le sont pas, en rejetant tout ce qui est irréparable et corrompu,17 on doit encore « abattre » la bête matérielle avant qu’elle soit consommée. C’est seulement après qu’on en ait retiré la « vitalité » qu’elle pourra être sublimée en devenant un accessoire de la vie de l’esprit.

C’est de là que découle les différences dans la prescription de che’hitah aux trois composantes de la vie intérieure de l’être humain. « L’âme animale » doit subir une che’hitah entière : composé intégralement de la terre du matérialisme, il faut que toute vitalité et passion lui soient retirées de sorte que sa substance puisse être « tirée » dans le domaine de la sainteté. « L’âme intellectuelle », composée à la fois de terre et d’eau, doit subir une che’hitah partielle : ses éléments matériels et égotistes doivent être soumis, mais l’intellect conserve un fort potentiel positif, même dans sa forme « animée ».18 Finalement, « l’âme divine », totalement désintéressée, totalement transcendante, n’a besoin d’aucune che’hitah, car aussi bien sa substance que son esprit sont des éléments désirables et « digestibles » dans la vie de l’homme.

Basé sur les écrits du Rabbi, parmi lesquels une lettre datée du 25 Tichri 5703 (6 octobre 1942) et un article dans son journal personnel sous le titre « Che’hitah. Vichy. 5700 »  (1940-41)19

 

Basé sur les enseignements du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson ; adapté par Yanki Tauber.
Traduction d’un article publié originellement dans « Week in Review »
Reproduit avec la permission de MeaningfulLife.com. Si vous souhaitez reproduire cet article dans une publication ou un site internet, veuillez écrire à permissions@meaningfullife.com

 

NOTES
1. Les quatre éléments de base – la terre, l’eau, l’air et le feu – représentent également les quatre états de la matière : solide, liquide, gaz et énergie.
2. Ce fait mécanique a également des implications halakhiques – voir Choul’hane Aroukh et commentaires, Yoreh Deah 109.
3. Ces trois groupes possèdent chacun leurs propres critères pour distinguer les espèces cachères des espèces non-cachères. Pour qu’un animal terrestre soit cachère, il doit être ruminant et avoir le sabot fendu. En pratique, cela signifie que seules dix espèces d’animaux terrestres sont permises à la consommation. Concernant les oiseaux, c’est la situation inverse : la Torah énumère vingt espèces de volatiles non-cachères et permet tous les autres. Finalement, les poissons cachères se reconnaissent par deux “signes”, la présence d’écailles et de nageoires.
4. Voir la note précédente.
5. Voir Talmud ‘Houline 27b.
6. Midrache Tan’houma, Pikoudei 3.
7. Ecclésiaste 3,11.
8. Le mot beheimah signifie “bête” ou “bétail” (voir Rachi sur Deutéronome 14,5) ; ainsi une traduction plus précise de néfèch habahamit serait “l’âme bestiale”, ou “l’âme bétail”.
9. Le concept du “bon penchant” (yetser tov) et du “mauvais penchant” dans le cœur de l’homme est présent en abondance dans le Talmud et les Midrachim (cf. Talmud, Berakhot 61a). Ce qui est unique dans la thèse du Tanya (qui est basée sur les enseignements de Rabbi ‘Haïm Vital, disciple du maître kabbaliste Rabbi Isaac Louria, le “Ari Zal”) est qu’elle parle de deux âmes : deux personnalités à part entière, chacune avec ses traits et ses facultés propres. Les deux “penchants” sont en réalités les volontés et les désirs de leur âme respective.
10. C’est le sens profond de ce qui arriva à Nadav et Avihou qui “s’approchèrent de D.ieu et moururent” (Lévitique 16,1 ; voir ibid. 10,1-7). Dans les mots de Rabbi ‘Haïm ibn Attar, ils connurent “une mort par ‘baiser’ divin, comme celle que connaissent les justes parfaits. La seule différence est que les justes meurent lorsque le baiser divin vient à eux, alors qu’eux moururent en s’approchant de lui… Bien qu’ils sentirent que cela entraînerait leur mort, ils ne s’abstinrent pas de s’approcher [de D.ieu] avec attachement, délice, béatitude, fraternité, amour, baiser et tendresse, au point où leurs âmes les quittèrent.” (Commentaire Or Ha’haïm sur le verset).
11. Likoutei Torah, Be’houkotaï 47c-48a ; Sefer Hamaamarim 5702, p. 106-109.
12. Voir note 8 ci-dessus.
13. Voir Talmud, Berakhot 61b.
14. Tanya ch. 24. Voir Michné Torah, Lois du Divorce 2:20.
15. Ein vecha’hat ela oumachakh” – Talmud ‘Houline 30b. Ainsi la che’hitah est assimilée au concept halakhique de mechikhah, qui effectue le transfert d’un objet d’un domaine à l’autre.
16. Talmud, Kidouchine 82a.
17. De fait, il existe des éléments non-cachères dans chacune des trois catégories, y compris dans celle du “poisson” malgré son humilité. Car, bien que l’abnégation de l’âme divine vis-à-vis de D.ieu soit sa plus grande vertu, il existe aussi une forme d’abnégation négative, comme dans le cas de celui qui est dépourvu de la fierté et de l’assurance nécessaires pour résister aux personnes et aux forces qui tentent de l’empêcher de faire ce qui est juste. Dans la terminologie ‘hassidique, une telle personnalité est appelée askoufah hanidresset, une “personnalité paillasson”.
18. C’est également la raison pour laquelle, parmi les animaux terrestres il y a plus d’espèces non-cachères que d’espèces cachères, alors que c’est l’inverse pour les oiseaux (voir note 3 ci-dessus).
19. Iguerot Kodech vol. I, pp. 46-48 ;  Rechimot n° 23, p. 5-10.
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NETANYA  » LE PETIT PARIS » D’ISRAEL !!!

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Netanya, le « petit Paris » d’Israël

Le Point – Publié le 12/02/2015 à 06:28

À 20 kilomètres de Tel-Aviv, la ville est devenue le haut lieu des juifs français ayant fait leur alya. Une source d’interrogation pour les médias israéliens.

Les Français de Netanya n'ont pas renoncé à leurs habitudes alimentaires.Les Français de Netanya n’ont pas renoncé à leurs habitudes alimentaires. © Jack Guez / AFP

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De NOTRE CORRESPONDANTE À JÉRUSALEM, 

Netanya, 11 heures du matin. En cette fin janvier, on est loin de l’hiver. Le soleil brille. Seule une brise un peu fraîche venue de la mer toute proche rend le pull obligatoire. Pas une raison pour ne pas s’asseoir à une terrasse de café. Elles sont nombreuses sur cet espace piétonnier. Femmes impeccablement coiffées et manucurées ; hommes en sportswear élégant… On papote, on s’interpelle de table en table, on sirote un café ou autre chose. Visiblement, on a le temps.

Bienvenue Kikar Ha Atsmaout, (en français : place de l’Indépendance), le rendez-vous quotidien des originaires de France, qui, depuis quelques années, sont nombreux à choisir Netanya pour s’y installer. Près de 2 000 l’année dernière sur les 6 960 immigrants de France arrivés en Israël. Et de toute évidence, ils ont changé l’atmosphère de cette station balnéaire située à une vingtaine de kilomètres au nord de Tel-Aviv. Surnommée traditionnellement « la perle » de la région du Saron avec ses 14 kilomètres de plage de sable fin et un ensoleillement 9 mois sur 12, elle est devenue en peu de temps  » le petit Paris » ou la « nouvelle Riviera » version israélienne.

« Ils veulent la paix, mais ils votent Lieberman ! »

Depuis le début de l’année, les reporters des médias israéliens s’y précipitent. La raison ? L’actualité ! On a le choix entre les attentats de Paris et notamment la tuerie de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, les appels lancés par Benyamin Netanyahou aux Juifs de France pour qu’ils « regagnent leur patrie ancestrale », ou aussi les estimations des autorités selon lesquelles au moins 10 000 juifs de France devraient s’installer en Israël en 2015. Résultat : de longs papiers allant de « Ici c’est Paris » – un itinéraire gastronomique sur trois pages et intitulé, ça ne s’invente pas, « Netanya, mon amour » – au « Mandat français » – un compte rendu de l’état d’esprit des Français de Netanya dans la perspective des élections législatives du 17 mars prochain.

Par exemple ce reportage publié par Yediot Aharonot, entre étonnement et ironie : « Ils veulent la paix mais ils votent Lieberman ! Ils veulent plus de social de la part de l’État, mais ils votent Netanyahou. Et il y a même une jeune femme déçue : elle vient d’apprendre qu’Ariel Sharon ne se présentait pas : « Dommage ! Vraiment dommage ! Sharon, c’était magnifique ! Maintenant je ne sais plus pour qui voter ! » Suit un long texte sur le même mode avec en thème récurrent la maîtrise plus que chancelante de l’hébreu.

 

 © DK

Et c’est vrai, le français est partout. De la pub murale pour « Claudine la coiffeuse » à « Pate’Achou » la boulangerie-pâtisserie de la rue Weizmann (de vrais éclairs, millefeuilles, viennoiseries et baguettes) en passant par les boutiques-traiteurs comme celle de la famille Boaron, qui, au-delà de la boucherie et de la rôtisserie où tous les vendeurs parlent la langue de Molière, vient d’ouvrir une sorte de palais des fromages accompagnés de produits typiquement français, y compris des eaux minérales bien de là-bas, pétillantes ou non. La particularité, toutes les étiquettes sont en français et, là encore, de la directrice de la boutique au commis, on parle… le français. 

 

 © DK

 

« Tout est cher »

Meryl ne se plaint pas. Au contraire. Depuis trois ans et demi en Israël, elle se dit comblée. Un très bon job dans la high-tech. Un mari rencontré lors d’un voyage en Israël avant qu’elle ne s’y installe et qui lui a fait sa demande en mariage sur scène, à Tel-Aviv, en plein concert de Patrick Bruel qui avait été mis dans la confidence. « Je ne vous dis pas le buzz sur YouTube ! » Depuis, un petit garçon est né. Il a déjà un an. La famille habite un bel appartement dans un quartier résidentiel de Netanya, à 5 minutes de la mer. Le seul regret de Meryl : avoir du mal avec l’hébreu. « J’ai préféré d’abord m’investir dans le boulot ! » Le petit plus qui ajouterait à son bonheur : que ses parents, des retraités parisiens, s’installent définitivement en Israël.

Alors les immigrants de France, heureux comme Dieu à Netanya ? Pas tout à fait. Car si la plupart le disent : « Ici, on se sent bien, il y a l’armée et Dieu », en revanche, du point de vue du coût de la vie, ça râle sec. Nous l’appellerons Monsieur Z. « Tout est cher, à commencer par la nourriture. Des exemples, j’en ai à la pelle : un carton de lait pour une famille, ici c’est du 12 shekels (2,75 euros), à Paris vous divisez au moins par deux. Les loyers aussi sont élevés comme à Paris et parfois plus. Et les salaires sont petits, tout petits. » Alors Monsieur Z fait comme beaucoup d’autres. Il voyage en France une à deux fois par mois pour le travail.

Des jeunes en perdition

Pour certains, la réalité est encore moins rose. Il y a quelques mois, le quotidien Haaretz publiait un article sur 200 jeunes de Netanya – des enfants de nouveaux immigrants français – déscolarisés et désocialisés. Militant dans le parti Keshet – un siège au conseil municipal de Netanya -, Shlomo, lui-même fils d’immigrants, évoquait des groupes de jeunes ne parlant que le français et ayant renoncé à toute idée d’intégration dans la société israélienne : « Ils se retrouvent tous les samedis soir sur la place de l’Indépendance, totalement désoeuvrés, à deux doigts de tomber dans la délinquance. »

Parmi les clichés qu’on retrouve chez les Israéliens de souche, le plus répandu est sûrement celui qui veut que « tous les immigrants qui viennent de France sont des riches vivant dans des appartements de luxe ». Ce à quoi quelques esprits chagrins répondent par la blague qui court le pays depuis des décennies : « Comment devenir millionnaire en Israël ? En arrivant milliardaire. »

 

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Liban : Beyrouth, le Vietnam d’Israël

Liban : Beyrouth, le Vietnam d’Israël

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En partenariat avec Al Madaniya – La mère de toutes les villes du récit de la résistance arabe. L’auteur dédie ce papier à la génération de la relève du Liban et du Monde arabe afin qu’elle échappe aux travestissements des faits, qu’elle prenne l’exacte mesure du nanisme politique de ses dirigeants…….. à titre de contribution à sa pédagogie politique, en guise de dette d’honneur de l’auteur envers son pays d’origine en ce que le Liban, en ces temps de sectarisme, est l’unique pays au Monde où chrétiens et musulmans, sunnites et chiites se partagent le pouvoir.

Papier remis en ligne le 13 avril 2015 à l’occasion du 40 me anniversaire du déclenchement de la guerre civile libanaise.

Beyrouth, 40 ans après

40 ans se sont écoulés depuis la sinistre fusillade d’Aïn Al Remmaneh, dans la banlieue sud-est de Beyrouth, et depuis lors beaucoup d’eau a coulé sous combien de ponts brisés. Quarante ans plus tard, alors que les Libanais émergent titubant d’une longue nuit de sang et de fureurs, leur pays, à l’ombre de l’accord de Taëf (1989), acte fondateur d’un Liban normalisé, a abordé le XXI siècle en lente convalescence miraculeusement rescapé de quatorze ans d’une guerre sans répit ni merci, accablé par la surcharge de neuf ans d’une gestion erratique menée sous le premier mandat de la deuxième République Libanaise (1990-1998).
Dans la mémoire collective de la nation défile, en surimpression, la trajectoire des principaux protagonistes d’un drame qui a tourné à l’hécatombe, décimant deux classes d’âge -la génération de la relève-, mutilant physiquement et psychiquement le tiers de la population active de ce pays de trois millions d’habitants jadis à l’avant-garde aujourd’hui à l’arrière ban de la constellation des États du Moyen-Orient.

Répertorié dans l’histoire comme la première guerre civile urbaine de l’époque contemporaine, précurseur des guerres modernes d’épuration ethnique, ce drame, par son ampleur, fera l’objet d’un enseignement dans les académies militaires. Piètre consolation pour un pays en état d’apnée à la recherche de son âme au moment où le Moyen-Orient s’engouffre dans une frénétique confusion vers une problématique pacification diplomatique sous les fourches caudines d’Israël et des États-Unis.

Chefs de guerre, grands ou petits, fiers ou crapuleux, qui pendant vingt ans ont sillonné le pays, parfois d’une manière sanglante, que sont-ils devenus ? Héritiers politiques des pères de l’Indépendance, Bachir Gemayel, Tony Frangieh, Dany Chamoun, chefs charismatiques de l’équipée chrétienne, ont été tués dans leurs propres fiefs par leurs propres frères d’armes alors qu’ils rêvaient de passer à la postérité en tant que bâtisseurs d’un état fort et souverain, havre de la chrétienté d’Orient, tandis que le chef de file des chrétiens modérés, Raymond Eddé, était forcé à l’exil sous la pression de la traque phalangiste et des artilleurs syriens lancés à ses trousses.
Leurs vis à vis de l’hétéroclite coalition palestino progressiste ont connu un sort quasi-identique. Premier dans l’ordre des trépassés, le chef druze du camp progressiste libanais, Kamal Joumblatt, a été lui aussi assassiné le 16 mars 1977 dans son propre fief. Pourfendeurs du défaitisme arabe, principaux animateurs de la lutte armée et la révolte palestinienne en Cisjordanie et à Gaza, Abou Jihad (Khalil Al Wazir), responsable militaire de la guérilla palestinienne, et Abou Iyad (Salah Khalaf), chef du renseignement, ont péri eux aussi de mort violente. Symboliquement, comme pour signifier l’échec de leur projet, dans l’un des endroits les plus éloignés de la Palestine, en Tunisie, leur troisième lieu d’exil après la Jordanie et le Liban, pays réputé davantage pour son mercantilisme que pour son militantisme.

Le militaire Abou Djihad par un commando israélien, le second Abou Iyad, suprême infamie pour cet homme du renseignement, par des membres de sa propre garde.

La coalition, elle, a volé en éclats. Son chef Yasser Arafat qui rêvait de transformer radicalement le Monde arabe, galvanisé par le mot d’ordre d’une « Révolution jusqu’à la victoire », a fait l’objet d’un confinement jusqu’à sa mort, et, l’autorité de son successeur est âprement contestée par ses anciens partisans happés par la tentation intégriste, sous la tutelle sourcilleuse de ses deux parrains l’Egypte et Israël.
Jamais personne n’avait imaginé qu’une telle détonation allait engendrer pareille conflagration. Nul ne s’était jamais hasardé à prédire un cataclysme si interminablement dévastateur.

Ce jour-là, pourtant, Beyrouth se berçait sous un dimanche ensoleillé du printemps méditerranéen, vaquant à la célébration rituelle de la « Fête des Rameaux ». Alors que le président libanais Soleimane Frangieh était hospitalisé d’urgence pour une intervention chirurgicale, 27 passagers d’un car palestinien étaient fauchés par la mitraille dans le quartier chrétien d’Aïn Al Remmaneh, à la lisière des agglomérations populeuses de Beyrouth.
La fusillade, sombre présage, éclate dans la quinzaine qui voit la chute de Pnom Penh et de Saigon, les deux bastions américains en Asie dans la lutte contre le communisme international à l’apogée de la guerre froide soviéto-américaine. C’était le 13 avril 1975, date généralement retenue pour le début d’une guerre qui va saper les fondements du Liban, briser sa cohésion nationale et la cohabitation libano palestinienne, rompre la solidarité arabe et enrichir de surcroît le martyrologe contemporain de certains de ses plus dramatiques épisodes. Qu’on en juge.

Le lendemain de cette fusillade, Beyrouth tant vantée alors pour sa convivialité inter communautaire se crispe et se tétanise avant de basculer dans la guerre civile. Les objectifs initiaux de la guerre vont vite être dépassés et les rivalités interconfessionnelles vont s’enchevêtrer avec les enjeux stratégiques des puissances régionales -Arabie saoudite, Égypte, Israël, Syrie, Irak, Iran et Libye-, et de leurs parrains respectifs -les États-Unis et l’Union Soviétique- pour transformer ce paisible pays en un polygone de tir permanent de la technologie militaire de l’après Vietnam.

La route internationale Beyrouth Damas, veine jugulaire de la métropole libanaise vers l’hinterland arabo musulman, devient la ligne de démarcation de deux univers qui ne cesseront dès lors de graviter dans des orbites différents.
À l’arrière plan des pourparlers de paix égypto israéliens, sur fond de conflit irako iranien, les protagonistes se rejetteront mutuellement la responsabilité d’un conflit aux multiples rebondissements. Ils feront flamber dans une sorte de Potlatch, le rituel d’ostentation et d’autodestruction dans les sociétés primitives, le Saint-Georges et le Phoenicia, joyaux de l’industrie hôtelière de l’Orient. Pour alimenter leur trésor de guerre, ils pilleront la « British Bank of Middle East » et les autres établissements de la célèbre « Rue des banques ».

Telle une sarabande mortifère, La Quarantaine, Damour, Tall El Zaatar en 1976, puis Sabra et Chatila en 1982 passeront dans l’histoire comme de sanglantes illustrations de la déraison humaine. La Kalachnikov, le fusil d’assaut soviétique symbole des luttes de libération du tiers-monde et son équivalent américain, le M16, seront vite déclassés au profit des batteries de D.C.A. transformées en mitrailleuses à tirs rapides. Elles-mêmes seront supplantées par les missiles sol-sol français Crotale et soviétique GRAD, puis par les bombes à implosion lâchées lors du siège de Beyrouth en juin 1982 par les Israéliens à la poursuite des dirigeants palestiniens. Le point d’orgue sera atteint en 1983-1984 par la terrifiante artillerie de marine du destroyer américain « New Jersey » rescapé de la 2me guerre mondiale et remis en service pour la circonstance.

En février 1984, neuf ans après la fusillade de Beyrouth, la plus importante armada de l’après-guerre était déployée aux larges des côtes libanaises. S’y côtoyaient à quelques encablures, la flotte soviétique dont les alliés syriens s’opposaient à la constitution d’un axe proaméricain Le Caire Tel-Aviv Beyrouth, et la marine de guerre de quatre pays de l’Otan (États-Unis, France, Grande Bretagne, Italie), accourus deux ans plus tôt sous la bannière de la Force Multinationale occidentale pour assurer l’évacuation des combattants palestiniens retranchés dans Beyrouth assiégée.

Derniers arrivés, les Occidentaux partiront les premiers sous le coup de boutoir d’une mystérieuse organisation à l’efficacité redoutable, le Jihad islamique. Les uns, les États-Unis, sans délai, les autres, les Français, sans précipitation, laissant en 18 mois près de 300 victimes tués dans des attentats à Beyrouth contre les quartiers généraux américains et français. Les Israéliens, sollicités dès 1976 par le camp chrétien, prennent pied au sud Liban en 1978 avant de pousser aux portes de Beyrouth quatre ans plus tard, en 1982. Au printemps 1985, opérant une retraite sans gloire sans avoir rempli leurs objectifs initiaux, ils dénombreront près de 600 tués et 3.000 blessés dans ce que l’un des leurs qualifiera de « Guerre des dupes ». Les Palestiniens, auparavant, avaient perdu leur sanctuaire libanais où ils étaient implantés militairement depuis 14 ans.

Génération orpheline d’un espoir révolutionnaire, la coalition palestino progressiste, jadis fer de lance de la contestation arabe, s’est, elle, disloquée dans un rejet mutuel supplantée par des guérilleros du type nouveau : les combattants islamistes, lesquels tiendront l’Occident en haleine pendant près d’une décennie avec l’infernale spirale des otages, dont la plus illustre victime sera paradoxalement le plus brillant représentant de la jeune génération d’arabisants occidentaux, le Français Michel Seurat. De tous les protagonistes, seuls les Syriens subsisteront, devenant désormais un élément incontournable de l’échiquier libanais.
Les Chrétiens libanais repliés dans le « Marounistan », selon l’expression du journaliste américain Jonathan Randall, chercheront à compenser leur solitude par une dévotion sans limite à la mémoire de leur chef fédérateur Bachir Gemayel. Une poignée de ses fidèles nostalgiques se révoltera en mars 1985 contre son frère et successeur le président Amine Gemayel, lequel à la fin de son mandat, suprême humiliation pour un seigneur du terroir, sera interdit de séjour dans son propre pays.

Dans la foulée, le camp chrétien, comme décapité, basculera dans un cycle de violence, culminant en 1989 avec le combats des chefs qui mettra aux prises le chef des milices Samir Geagea au général Michel Aoun, commandant de l’armée régulière et chef du gouvernement transitoire. Cette guerre fratricide aura dévasté le camp chrétien beaucoup plus durablement que l’ensemble du conflit libanais et dont l’épilogue sanglant aura achevé de désorienter la communauté catholique du Liban et, au delà la chrétienté d’Orient.

Dans cette ambiance de folie meurtrière, le président élu René Mouawad connaîtra un magistère aussi éphémère que son prédécesseur Bachir Gemayel et un sort tragiquement identique. Il périra sous les bombes, fait symptomatique, le 22 novembre 1989, jour anniversaire de l’Indépendance du Liban, alors que les derniers en date des belligérants chrétiens étaient renvoyés dos à dos, le général Aoun en exil à Paris et Samir Geagea en prison.

De ces péripéties guerrières, la fonction politique de Beyrouth et le rôle économique du Liban en pâtiront inexorablement. Naguère ville d’avant garde et haut lieu du cosmopolitisme, concentrant les succursales d’une centaine de banques parmi les plus importantes du monde, Beyrouth, sous l’ombre tutélaire de deux établissements de renom, l’Université américaine (AUB) et l’Université pontificale des Pères Jésuites (USJ), a favorisé l’éclosion culturelle et la cohabitation intellectuelle de personnages aussi antinomiques que Georges Habbache, médecin, chrétien, palestinien, marxiste, chef du Front Populaire pour la Libération de Palestine, diplômé de l’Université américaine et l’un des plus virulents partisans de la guérilla anti-américaine, Jalal Sadek Al Azm, un intellectuel musulman pourfendeur dans deux ouvrages retentissants de l’intelligentsia arabe et de la religiosité musulmane ou encore le célèbre poète libanais Chrétien Said Akl, auteur des hymnes les plus majestueux à la gloire de l’Islam et de l’arabisme, particulièrement de la dynastie omeyyade de Damas.

Au crépuscule de sa vie, Georges Habbache, frappé de paralysie politique par l’effondrement de son allié soviétique et la défection de ses soutiens arabes sera frappé, par réaction somatique, d’hémiplégie. Quant au philosophe syrien, banni du Liban, il dispensera son enseignement à la prestigieuse université de Princeton (États-Unis), alors que le poète libanais, prix Lénine de la Paix, opérant une reconversion sans gloire, versera dans un militantisme religieux à l’image de bon nombre de ses coreligionnaires.

Capitale surdimensionnée, à contre-courant du monde arabe dont elle secouera régulièrement la léthargie, Beyrouth a compensé par une fonction tribunitienne la défaite historique du nationalisme arabe, donnant le ton à toutes les manifestations de protestation pan arabes. Toutes les chapelles du nationalisme, du marxisme et du fondamentalisme politique ou religieux y avaient pignon sur rue et disposaient de journaux forts documentés sur la situation de leur pays d’origine, à la plus grande satisfaction et au plus grand bénéfice de près de 500 correspondants de la presse internationale accrédités à Beyrouth, qui faisait office en la circonstance de capitale régionale de l’information.

Abritant avant-guerre près de 3.000 imprimeries et une centaine de maisons d’édition, Beyrouth a produit une littérature politique supérieure en quantité et souvent en qualité à la totalité des pays arabes et se jouant de la censure -courante dans ces pays- en a assuré la diffusion.
Dans les années 1960-1970, en plein boom économique, à proximité des boîtes de nuit les plus luxurieuses d’Orient, les Beatles et la philosophie psychédélique de l’américain Timothy Leary pâtiront à Beyrouth de l’attrait qu’exerçaient sur les jeunes militants arabes les œuvres du grand timonier chinois Mao Tsé Toung ou les écrits du triptyque universitaire de la révolte étudiante de Mai 1968 en France, l’économiste Charles Bettelheim, le philosophe Louis Althusser et le politologue Nicos Poulantzas.

Pendant qu’une bonne partie de la planète vibrait aux exploits fantasmagoriques de James Bond ou compatissaient aux souffrances d’Aly Mac Graw dans « Love Story », Beyrouth, signe prémonitoire, réservait sa plus forte audience au film de Costa Gavras « Z » sur les agissements de la CIA, la centrale américaine du renseignement, dans un pays méditerranéen proche du Liban.

C’est dans Beyrouth que la Résistance palestinienne a trouvé aide et refuge après le septembre noir jordanien (1970) et que se sont aguerris les premiers chefs des pasdarans iraniens, tombeurs de la dynastie Pahlévi, bastion américain de la zone pétrolifère du Golfe. C’est dans cette ville encore que tous les opposants arabes, bourgeois ou révolutionnaires, capitalistes ou déshérités, en délicatesse avec les autorités de leur pays, en rupture de ban avec leur société d‘origine, ont cohabité pêle-mêle aux côtés des maquisards pourchassés du Golfe à la Méditerranée, aussi bien les Arméniens de l’ASALA que les Kurdes du PKK, les Somaliens ou les Érythréens, les Saoudiens et les Yéménites regroupés au sein du Front de Libération de la Péninsule Arabique. C’est dans cette ville enfin assiégée par les Israéliens en juin 1982 que Yasser Arafat assurera avoir humé dans son sanctuaire transformé en camp retranché « les senteurs du paradis » (Rawaeh Al Jannah), le pressentiment de l’au-delà.

Rafic Hariri, victime majeure du discours disjonctif occidental

C’est dans ce contexte que surgit Rafic Hariri, avec ses bulldozers et ses travaux de déblaiement en pleine invasion israélienne du Liban, en 1982, rénovateur de Beyrouth dont il s’en emparera carnet de chèques à la main, sans toutefois réussir à conquérir son âme, qui en sera sa tombe, ignorant ou feignant d’ignorer que l’ancrage sunnite de Beyrouth ressortait non du mercantilisme qu’il incarnait, mais du nationalisme arabe militant qu’il combattait avec vigueur, en contradiction avec les idéaux de sa jeunesse, en contradiction avec la tradition militante de la capitale, unique foyer de contestation du Monde arabe.
Dans la griserie de l’époque, ni Jacques Chirac ni Rafic Hariri n’avaient relevé la coïncidence de la propulsion du milliardaire libano saoudien aux responsabilités gouvernementales au Liban, l’année même de l’entrée en scène du Hezbollah chiite dans l’arène politique libanaise, en 1992, occultant de ce fait la montée en puissance des Chiites au Liban et de l’Iran au Moyen orient, dans la foulée de l’enlisement américain en Irak et en Afghanistan et les bouleversements démographiques et géostratégiques que cette nouvelle donne induisait sur le double plan libanais et régional.

Désormais majoritaires, adossés aux deux grandes puissances régionales, qui plus est les chefs de file des deux courants de l’Islam, l’Arabie saoudite et l’Iran, sunnites et chiites libanais se substitueront aux anciennes communautés fondatrices du Liban, -druzes et maronites-, dans le commandement de la vie politique libanaise, modifiant radicalement l’équation libanaise que Hariri de même que son compère Chirac, les yeux rivés sur l’Arabie saoudite, leur Mecque politique commune, continuaient de lire avec une ancienne grille de lecture, une grille exclusivement sunnite.

Mal leur en prit. Cédant aux sollicitations de son protégé libanais qui pensait mettre au pas la Syrie au profit de son protégé sunnite le vice président syrien Abdel Halim Khaddam, à la faveur du bouleversement géopolitique induit par l’invasion américaine de l’Irak, Jacques Chirac va opérer un infléchissement de sa politique dans un sens atlantiste, parrainant une résolution du Conseil de sécurité (N°1509, 2 septembre 2004) préconisant le retrait militaire syrien du Liban.
Résolution fatale à Rafic Hariri. La Syrie se retirera effectivement du Liban, mais l’ancien partenaire en affaires des dirigeants syriens et nouveau chef de file de l’opposition anti-syrienne sera assassiné le 15 février 2005, six mois après l’adoption de ce document, de même que certains principaux vecteurs de la francophilie au Moyen Orient, les deux journalistes du quotidien pro occidental « An Nahar » (Gébrane Tuéni et Samir Kassir), alors que le président français était caramélisé à son tour, trois mois plus tard, par sa déroute au référendum européen le 29 mai 2005.

Le roi Fahd d’Arabie, le principal bailleur de fonds des équipées occidentales dans le monde arabo musulman et protecteur de l’ancien premier ministre libanais, décédait, lui, six mois après l’assassinat de Hariri, en Août 2005, au moment même où l’Iran, le grand rival chiite et pétrolier de l’Arabie saoudite, se dotait d’un nouveau président en la personne de Mohamad Ahmadinijad, un dur parmi les durs, un ancien des gardiens de la révolution.

Épreuve supplémentaire, Jacques Chirac vivra la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006, en situation cataclysmique : son enfant chéri, politiquement parlant, Rafic Hariri, assassiné un an auparavant, son œuvre qui le destinait à la postérité, la reconstruction du centre-ville de Beyrouth, fera à son tour l’objet d’une démolition systématique de la part du nouveau meilleur allié de la France, le premier ministre israélien Ehud Olmert. Les nouveaux bâtisseurs de Beyrouth ne seront pas forcément les Hariri et Jacques Chirac ne sera plus non plus au pouvoir lorsque le nouveau Beyrouth sera reconstruit dans quinze ans.
La France, de concert avec Israël, s’est livrée en 1956 à une expédition punitive contre l’Égypte pour punir Nasser d’avoir nationalisé le canal de Suez. Cinquante ans après en 2006, elle préconisait des « mesures coercitives » contre le Hezbollah. Les réflexes coloniaux demeures tenaces en France, réduisant la « politique arabe de la France » à la fréquentation des milliardaires, et, dans le cas d’espèce, pour Chirac, principalement le Roi du Maroc, Rafic Hariri, auparavant Saddam Hussein.
Principal latifundiaire du pays, propriétaire de près du cinquième de la superficie d’un minuscule État de 10 000 km2, par ailleurs propriétaire d’un empire médiatique surpassant l’ensemble du parc libanais, disposant de surcroît d’une fortune personnelle supérieure au produit national brut, monopolisant en outre l’expression politique de l’islam sunnite libanais, Rafic Hariri était d’un calibrage conforme aux spécifications de ses mentors, son parrain saoudien et le protecteur américain de la pétromonarchie. Dans un pays désarticulé et segmenté en une multitude de communautés religieuses, sa protubérance paraissait inadaptée aux structures libanaises.

Que le combat contre l’arbitraire ait été mené par cet homme-là qui s’est longtemps vécu abusivement comme le président effectif du Liban, un homme que les chrétiens accusaient en catimini d’« islamiser la terre libanaise » en raison de ses achats massifs de biens fonciers, participe d’un dévoiement de la pensée.

Que l’alliance entre l’un des rares dirigeants arabes se réclamant du socialisme, Walid Joumblatt, et un parfait représentant du pan capitalisme pétro monarchique pro américain ait abouti au terme de son processus, en juin 2005, à l’éviction de la scène politique de l’ancien Premier ministre Sélim El Hoss et du député nationaliste Najah Wakim, deux forts symboles de la lutte anti corruption, porte en germe la marque d’une dégénérescence de la vie démocratique du pays.
Qu’une telle alliance ait entraîné l’élimination des deux seuls parlementaires qui n’aient jamais pratiqué la vendetta (Omar Karamé, ancien Premier ministre lui-même et frère d’un Premier ministre assassiné, Rachid Karamé, et Soleimane Frangieh dont toute la famille a été décapitée par les milices chrétiennes), que cette double éviction se soit accompagnée du blanchiment simultané de tous les criminels de guerre libanais sans égard pour leurs victimes sanctionne la déliquescence morale de la nation.

À défaut de contrepoids, faute de balises, ce vizir qui se rêvait à la place du grand vizir, électron libre aux effets centrifuges, a pu paraître comme un facteur de déséquilibre, un instrument de déstabilisation pour le Liban et son voisinage immédiat.
Chef du clan américano saoudien au Liban, Rafic Hariri, ancien partenaire de la Syrie reconverti en fer de lance du combat anti baasiste, a été, en protée de la vassalité, un exécutant majeur de la pantomime du Moyen-Orient, et, à ce titre, une victime majeure du discours disjonctif occidental, discours prônant la promotion des valeurs universelles pour la protection d’intérêts matériels, discours en apparence universel mais à tonalité morale variable, adaptable en fonction des intérêts particuliers des États et des dirigeants.

L’histoire du Monde arabe abonde de ces exemples de « fusibles » magnifiés dans le « martyr », victimes sacrificielles d’une politique de puissance dont ils auront été, les partenaires jamais, les exécutants fidèles, toujours. Dans les périodes de bouleversement géostratégique, les dépassements de seuil ne sauraient se franchir dans le monde arabe sans déclencher des répliques punitives.
Le Roi Abdallah 1er de Jordanie, assassiné en 1948, le premier ministre irakien Noury Saïd, lynché par la population 10 ans après à Bagdad, en 1958, ainsi que son compère jordanien Wasfi Tall, tué en 1971, le président égyptien Sadate en 1981, le président libanais Bachir Gemayel, dynamité à la veille de sa prise du pouvoir en 1982, l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, et l’ancien premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto en 2007, enfin, constituent à cet égard les plus illustres témoins posthumes de cette règle non écrite des lois de la polémologie si particulière du Moyen-Orient. Tel pourrait être l’enseignement majeur de cette séquence dont la victime principale aura été l’espérance.
Un des rares hommes politiques libanais de premier plan à s’être propulsé à la tête de l’état sans avoir auparavant exercé le moindre mandat électif, ni la moindre fonction politique, M. Hariri cherchera à compenser par sa fortune et ses amitiés internationales son inexpérience politique et gouvernementale. Homme de parade, il occupera pendant vingt-sept ans (1978 -2005) le devant de la scène politique et médiatique d’abord en tant qu’hommes d’affaires, puis pendant ses dix ans de pouvoir (1992-1998/2000-2004) comme chef de gouvernement.
Relayé par une importante force de frappe cathodique, il reléguera à l’arrière-plan non seulement la totalité de la classe politique, mais également le pays lui-même. Il exercera une sorte de magistère de la parole pour promouvoir son projet politique d’identification substitution, confondant dans sa personne et l’état et la nation, donnant par la même un rare exemple de prépotence. A l’heure du bilan, l’erreur lui sera fatale tout comme son excès de confiance dans ses capacités de gestionnaire sur le plan économique et de manœuvrier sur le plan politique.
Pur produit de la financiarisation de la vie publique nationale du fait de la mondialisation économique, à l’exemple de l’italien Silvio Berlusconi, Rafic Hariri aura implosé à l’instar d’une bulle financière, en purge d’un passif, en solde de tout compte.

Abdel Halim Khaddam, Moustapha Tlass, les deux cautions sunnites du régime baasiste syriens happés par les pétrodollars saoudiens

Au-delà de Rafic Hariri, la « diplomatie du carnet de chèques », maniée de tous temps par les Saoudiens, pour restaurer le pouvoir sunnite tant à Beyrouth qu’à Damas aura ainsi montré son indigence et ses limites et ses vecteurs, son manque de consistance : Les deux cautions sunnites inamovibles du pouvoir alaouite, pendant trente ans, le général Moustapha Tlass, ministre de la Défense, et Abdel Halim Khaddam, ministre des Affaires étrangères, deux personnalités de premier plan, présumées socialistes du régime baasiste, céderont finalement aux sirènes des pétrodollars saoudiens, avant de se désintégrer.
Le militaire laissera convoler sa fille Nahed, une belle tige de la société syrienne, vers le septuagénaire marchand d’armes saoudien Akram Ojjeh, avant de sombrer dans le comique d’un problématique doctorat universitaire parisien, tandis que le diplomate laïc versait dans l’affairisme Haririen et l’intégrisme religieux des « Frères Musulmans », avant de se carboniser.

Détail piquant, l’homme en charge du dossier libanais en Syrie pendant trente ans, celui-la même qui était craint par les diverses factions libanaises et redouté par les chancelleries arabes et occidentales qui tonnait la foudre et ordonnait les accalmies, à ce titre responsable au premier chef des dérives syriennes au Liban, le vice-président de la République Abdel Halim Khaddam, sera promu comme sauveur suprême de la Syrie et du Liban. Il se retrouvera relégué aux oubliettes de l’histoire lâché par tous, y compris par ses nouveaux alliés, l’organisation des « Frères musulmans », celle là même qui s’était lancée à l’assaut du pouvoir, en février 1982, en vue de faire trébucher le régime baasiste dont il était un des piliers, à quatre mois de l’invasion israélienne du Liban.
Le bien nommé Khaddam, dont le patronyme en arabe signifie littéralement « le serviteur », reniera singulièrement son militantisme après avoir abusivement ponctionné le Liban, opérant par cupidité la plus retentissante reconversion de l’histoire politique récente, finissant sa vie en factotum de son coreligionnaire sunnite libanais Rafic Hariri. Amplement gratifié de sa forfaiture d’un somptueux cadeau, -la résidence du nabab pétrolier grec, Aristote Onassis, sur la plus célèbre artère de la capitale française, l’Avenue Foch—le renégat devra livrer bataille devant la justice française afin de se maintenir dans les lieux, alors que son pendant français, l’ancien président Jacques Chirac avait droit à un appartement avec vue sur Seine Quai Voltaire à Paris. Judas a trahi son Seigneur pour trente deniers. D’autres trahisons valent certes leur pesant d’or mais accablent le renégat d’un discrédit pour l’éternité.
Éternel trouble-fête de la politique arabe, la Syrie, sur la sellette après l’implosion de l’Irak en 2003, opérera, parallèlement, un rétablissement spectaculaire, déjouant la manœuvre d’étranglement dont elle était l’objet de la part des grands pays arabes sunnites en vue de provoquer sinon l’effondrement du régime baasiste, à tout le moins la rupture de son alliance stratégique avec l’Iran.

Unique pays se réclamant de la laïcité dans le Monde arabe, mais, paradoxalement, partenaire stratégique de l’unique régime théocratique se réclamant du chiisme, la République Islamique d’Iran, la branche rivale du sunnisme, segment dominant dans les pays arabes, la Syrie a été, simultanément et cumulativement accusée d’être un foyer du terrorisme international, un pivot de l’axe du mal, le phagocytaire du Liban et de la Palestine, le fossoyeur du leadership libanais.
Pointée du doigt pour sa responsabilité présumée mais non avérée dans l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, la Syrie sera mise en quarantaine diplomatique, régulièrement soumise, de surcroît, en toute impunité, à des coups de butoir d’Israël, tantôt par un mystérieux raid aérien au-dessus du nord syrien, à l’automne 2007, tantôt par l’assassinat sur son sol d’un chef militaire du Hezbollah Imad Moughniyeh, le Maître d’œuvre des opérations anti-occidentales au Moyen-Orient depuis vingt ans.

Mais ce paria-là, selon le schéma occidental, s’est trouvé être en phase avec la multitude des « laissés pour compte » de la paix, à tout le moins perçu comme tel, au-delà des turpitudes dont il peut être à tort ou à raison crédité, qui voient en lui l’ultime porteur de la revendication nationaliste arabe, à une période de l’histoire marquée par une déperdition identitaire et une religiosité régressive.

Redoutable honneur qui lui vaut l’hostilité sans nuances des pays qualifiés de « modérés » dans le jargon diplomatique et médiatique occidental, principalement l’Arabie saoudite, l’Égypte, la Jordanie c’est-à-dire les régimes affligés des mêmes tares d’autoritarisme, de népotisme et de corruption que le régime syrien mais que leur alignement docile au camp occidental exonère de toute critique.
Sous le souffle du boulet, la Syrie pliera mais ne rompra pas, alors que son grand rival arabe l’Égypte se, muait en « passeur de plats » de la stratégie israélo américaine dans la zone.

Le plus grand pays arabe, longtemps cauchemar de l’Occident, se révélera sous Moubarak, un nain diplomatique, le pantin disloqué de la stratégie israélo américaine, curieuse mutation de ce pays en un demi-siècle, de Nasser à Moubarak, illustration pathologique des dérives du Monde arabe, de la confusion mentale de ses dirigeants et de leur servilité à l’ordre occidental, à en juger par leur comportement honteusement frileux durant les deux dernières confrontations israélo-arabes, la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006, et la guerre de destruction israélienne de Gaza, deux ans plus tard, en décembre 2008.
Par un invraisemblable renversement d’alliance qui témoigne du strabisme stratégique de l’Égypte, c’est la Syrie, son ancien partenaire arabe dans la guerre d’indépendance, et non Israël, qui constitue désormais sa bête noire. C’est Gaza, à bord de l’apoplexie, qui est maintenu sous blocus et non Israël, ravitaillé en énergie à des prix avantageux, défiants toute concurrence, sans doute pour galvaniser la machine de guerre israélienne contre un pays sous occupation et sous perfusion, la Palestine.

Le Primus inter pares des Arabes est désormais « le passeur des plat » officiel de la diplomatie israélo américaine. Un triste destin pour Le Caire, Al-Kahira, la victorieuse dans sa signification arabe, ravalée désormais au rang de chef de file de « l’axe de la modération arabe ».
L’ancien chef de file du combat indépendantiste arabe, amorphe et atone, assumant, désormais, sans vergogne, le rôle de chef de file de l’axe de la soumission et de la corruption…l’axe de la résignation et de la capitulation…l’axe de la trahison des idéaux du sursaut nassérien.
Son primat diplomatique est remis en question par l’émergence des deux puissances musulmanes régionales non arabes, l’Iran et la Turquie, dans la suppléance de la défaillance diplomatique arabe, de même que son primat militaire, relégué aux oubliettes par la relève rebelle des artisans victorieux de la nouvelle guerre asymétrique contre Israël, le chiite Hezbollah libanais et le sunnite Hamas palestinien, rendant obsolète la fausse querelle que tentent d’impulser l’Arabie Saoudite et l’Égypte entre les deux branches de l’Islam dans l’espace arabe.

Suprême humiliation, Bachar Al Assad, tant vilipendé par Nicolas Sarkozy au début de son mandat présidentiel, sera l’un des ses principaux interlocuteurs, en fin de mandat, le principal levier de l’influence française au Proche orient depuis le naufrage du projet phare de la diplomatie sarkozienne l’« Union Pour la Méditerranée » et les camouflets successifs que ce « sang mêlé », meilleur allié d’Israël dans l’histoire de la Vme République, subira de la part de son « pays de prédilection », particulièrement ses alliés du Likoud.

N’en déplaise aux analystes occidentaux, le monde arabe est redevable à l’Iran d’un basculement stratégique qui a eu pour effet de neutraliser quelque peu les effets désastreux de la défaite arabe de juin 1967, en substituant un régime allié d’Israël, la dynastie Pahlévi, le meilleur allié musulman de l’état hébreu, par un régime islamique, reprenant à son compte la position initiale arabe scellée par le sommet arabe de Khartoum (Août 1967) des « Trois NON» (non à la reconnaissance, non à la normalisation, non à la négociation) avec Israël, offrant à l’ensemble arabe une profondeur stratégique en le libérant de la tenaille israélo iranienne, qui l’enserrait dans une alliance de revers, compensant, même, dans la foulée, la mise à l’écart de l’Égypte du champs de bataille du fait de son traité de paix avec Israël.

En retour, les Arabes mèneront contre l’Iran, un pays déjà sous embargo, dans une démarche d’une rare ingratitude, une guerre de dix ans, via l’Irak, éliminant au passage le chef charismatique de la communauté chiite libanaise, l’Imam Moussa Sadr (Libye 1978), combattant dans le même temps l’Union soviétique en Afghanistan, le principal pourvoyeur d’armes des pays du champ de bataille contre Israël. Son comportement erratique à l’égard de ses alliés naturels (l’Union soviétique et l’Iran), explique le discrédit du monde arabe sur la scène internationale et une part de son collapsus stratégique.
Comme un pied de nez à l’ensemble arabe, l’Iran, malgré guerres, embargo et ostracisme, accédera au rang de « puissance seuil nucléaire », alors que le Monde arabe, qui a engagé près de deux mille milliards de dollars au titre des dépenses militaires depuis le dernier tiers du XX me siècle, soit environ 50 milliards de dollars par an en moyenne, demeure impotent privé des trois attributs de la puissance moderne, -la capacité de projection de puissance, la capacité de dissuasion nucléaire, la capacité spatiale du renseignement-, autant d’attributs qui lui font cruellement défaut à l’ère de la société de l’information et de son application militaire, l’info guerre.

Strategic Foresight Group (SFG), chiffrait, quant à lui, à douze mille milliards de dollars la somme perdue du fait des guerres qui ensanglantent l’ensemble du Proche-Orient depuis 1991. Ce coût englobant aussi bien les pertes humaines que les dégâts infligés à l’écologie, aux répercussions sur l’eau, le climat, l’agriculture, en passant par la croissance démographique, le chômage, l’émigration, la hausse des loyers, le prix du pétrole, voire même l’éducation.
Plus de cinquante experts d’Israël, des territoires palestiniens, d’Irak, du Liban, de Jordanie, d’Égypte, du Qatar, du Koweït et de la Ligue arabe ont participé à cette étude menée par ce groupe de réflexion basé en Inde et soutenu par la Suisse, la Norvège, le Qatar et la Turquie. Le rapport de 170 pages, publié en 2010, pointe par exemple les centaines de milliers d’heures de travail perdues par les Palestiniens aux check points (barrages israéliens). Il révèle aussi que 91% des Israéliens vivent dans un perpétuel sentiment de peur et d’insécurité.
Sauf à entraîner le monde arabe dans un déclin irrémédiable, une claire rupture avec la logique de la vassalité s’impose, alors que la scène internationale s’achemine vers un choc entre le leader en devenir (la Chine) et la puissance déclinante (les États-Unis), impliquant une vaste redistribution des cartes géopolitiques à l’échelle planétaire.

Le Liban, un vaste cimetière des illusions perdues

Quarante ans après le cataclysme déclencheur, le Liban apparaît comme déconnecté, en proie à l’affairisme, la population atteinte du « syndrome de Beyrouth », sorte de rétrécissement du champ affectif et mental. Hormis la guerre irako iranienne, et sous réserve du bilan final de la guerre de Syrie, la guerre du Liban revendique, par son bilan (150.000 morts), l’un des plus forts taux de mortalité des conflits régionaux contemporains, infiniment plus élevé que la totalité des guerres arabo israéliennes combinées.

Légendaire symbole du Liban, la qualité de vie a été viciée par des politiciens cupides et avides. Le pays du lait et du miel tant vanté par la Bible a été transformé en un dépotoir nucléaire, cruelle ironie du sort, avec la complicité d’hommes en charge de l’environnement, avec à l’horizon un risque de désertification du fait d’incendies périodiques de nature criminelle. Le patrimoine archéologique des vieux quartiers de la capitale, -la célèbre Beryte et sa faculté de Droit de l’époque romaine- risque une dénaturation par de lucratifs projets d’urbanisation moderniste.

Quarante après, la guerre du Liban apparaît ainsi, rétrospectivement, comme l’histoire d’un incommensurable gâchis et le Liban un gigantesque cimetière des illusions perdues. De ce naufrage ne subsiste que la place de Beyrouth dans la mémoire collective arabe, la mère de toutes villes du récit de la résistance arabe dans sa double, version Beyrouth ouest, en 1982, et Beyrouth sud, en 2006, le Vietnam d’Israël, son titre de gloire qui passera à la postérité.

Beyrouth, immarcescible

Beyrouth revendique, en effet, le privilège unique au Monde d’avoir symbolisé, à deux reprises dans l’histoire contemporaine, la résistance arabe à l’hégémonie israélo américaine. La première fois, en 1982, lors du siège de la capitale libanaise par le général Ariel Sharon, du temps où le sunnisme s’identifiait au combat nationaliste, depuis le fief du sunnisme libanais à Beyrouth Ouest.
La deuxième fois, en 2006, depuis Beyrouth Sud, cette fois, (Ad Dahyah al Jounoubiyah, littéralement la banlieue sud de la capitale), le fief chiite de la capitale, du temps du coma du général Ariel Sharon, où le chiisme libanais suppléant la vassalisation du sunnisme arabe à l’axe israélo américain prenait sa relève en vue de pérenniser le combat nationaliste arabe.

C’est Beyrouth, jadis symbole de la douceur de vivre, qui livrera face à un immobilisme arabe quasi-général un combat solitaire contre les assaillants israéliens, en 1982, pour que cette ville qui fut pendant un quart de siècle le vivier du nationalisme militant échappe au déshonneur de la capitulation.
C’est Beyrouth, encore une fois, qui lavera l’honneur arabe, en 2006, sous l’égide du moine soldat de l’Islam moderne Hassan Nasrallah, infligeant un camouflet aux Israéliens, rééditant son exploit 24 ans après, en dépit de la complicité d’une large fraction des pays arabes.
Au-delà de ces tragiques événements, un fait demeure, toutefois, lourd de conséquences pour l’avenir : Pour la première fois dans l’Histoire, l’unique président chrétien du Monde arabe aura été ostracisé du fait de la France, traditionnelle protectrice des Chrétiens arabes et la vacance de pouvoir qui s’est ensuivi, a constitué un dangereux précédent lourd de conséquences.

Ce bilan est à mettre, au premier chef, au passif de Jacques Chirac, sans qu’il ait été possible d’établir avec certitude si l’initiative du président français de l’époque était commandée par un grand dessein de la France ou commanditée par un devoir de gratitude à l’égard de son bienfaiteur. Un devoir d’un commandité à l’égard de son hôte obligeamment hospitalier, au-delà de son assassinat, maintenant, au-dessus du Liban, une « épée de Damoclès », matérialisée par le Tribunal Spécial sur le Liban, dont le verdict pré déterminé fait planer des risques non seulement sur le Liban, mais sur la famille de son propre bienfaiteur, en ce qu’il confie à son héritier la responsabilité de la mise à mort, symbolique, de l’unique formation politico-militaire arabe victorieuse d’Israël. Une mission suicidaire, s’il en est, par sa perversité.

Quoiqu’il en soit, une brèche constitutionnelle s’est ouverte, qui devrait conduire les nostalgiques du Liban d’antan à se résoudre à l’évidence. Le Liban ne sera plus ce que son géniteur -la France- a voulu qu’il soit : un foyer chrétien, principalement Maronite, en Orient au bénéfice exclusif de la politique occidentale.
Conscience critique de toute une génération politique, soupape de sécurité des gouvernements arabes pendant un demi siècle, pacifiée, normalisée, reconstruite par Rafic Hariri, à nouveau détruite par Israël, Beyrouth, immarcescible, demeure le pôle de référence inoxydable de la combativité libanaise et arabe, exerçant désormais une fonction traumatique à l’égard des Israéliens, au grand désespoir des Occidentaux, de leurs alliés arabes et du Clan Hariri au Liban.
Sic Transit Gloria Mundi… Ainsi passent les gloires de ce monde.

Pour aller plus loin

Le tribunal Spécial sur le Liban

ILLUSTRATION

1982. La devanture de la librairie après les combats qui ont embrasé le centre-ville. (©Archives famille Naufal)

 

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DE METULLA AGENCY -Obama est prêt à signer un accord avec un régime qui veut rayer Israël de la carte du monde (info # 011204/15) [Analyse]

 

Obama est prêt à signer un accord avec un régime qui veut rayer Israël de la carte du monde (info # 011204/15) [Analyse]

Par Guy Millière © Metula News Agency

 

Ceux qui douteraient encore (il y en a, je le sais) des intentions funestes de Barack Obama à l’encontre d’Israël devraient prendre connaissance de ses récents propos concernant la demande énoncée par Binyamin Netanyahou, disant qu’il est nécessaire d’exiger de la « République » Islamique qu’elle reconnaisse Israël. Obama a écarté cette demande d’un revers de main.

 

Ce qui signifie non seulement que le président américain entérine la non-reconnaissance de l’existence d’Israël par le régime iranien, mais aussi, qu’il entérine, ce faisant, tout le discours du régime iranien concernant Israël.

 

Et c’est un fait, Obama n’a pipé mot quand le commandant des Basij, la garde prétorienne au service direct d’Ali Khamenei, a dit que « la destruction d’Israël était non-négociable » ; déclaration qui ne peut avoir été prononcée qu’avec l’aval de Khamenei. Obama n’a pas exprimé la moindre réserve non plus lorsqu’Ali Khamenei a chanté, avec une foule fanatisée, « Mort à Israël ». Son porte-parole ne s’est pas fendu de la moindre remarque, sans parler de critique.

 

Le pensionnaire de la Maison Blanche n’a pas réagi non plus lorsque les chants « Mort à l’Amérique » ont succédé à « Mort à Israël ». On peut en déduire qu’Obama déteste autant l’Amérique qu’il déteste Israël, mais cela ne change rien à son attitude vis-à-vis d’Israël.

 

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L’Amérique peut-elle signer un accord portant sur le nucléaire avec un Etat

dont le leader suprême vient encore de crier « Mort à l’Amérique » ?

 

Cette péripétie indique, au-delà de tout doute sensé, qu’Obama est prêt à signer un accord avec un régime qui entend rayer Israël de la carte du monde et qui l’exprime publiquement. Nous, de prendre bonne note que la volonté affichée de ce régime d’anéantir l’Etat hébreu ne constitue pas un obstacle aux yeux d’Obama.

 

Il est prêt à signer un accord avec un régime qui veut se doter de l’arme nucléaire aux fins de se sanctuariser et de pouvoir financer des actions terroristes et des actes de guerre conventionnelle menés par des groupes aux intentions antijuives et anti-israéliennes non dissimulées, sans que ces projets ne constituent des obstacles à ses yeux.

 

Sur la base des constatations qui précèdent, il est nécessaire de déduire que Barack Obama constitue, plus que jamais, un danger mortel pour Israël, et que, voyant la fin de son mandat approcher, il multiplie les initiatives qui accentuent cette menace.

 

Ce qui paraît jouer en faveur d’Israël, dans ce contexte, est le fait que l’accord dont on ne cesse de parler n’est en réalité pas un accord. Comme la Ména l’avait annoncé dans ces colonnes au lendemain de sa publication, l’ « accord » de Lausanne n’est en réalité qu’un document de travail n’imposant aucune contrainte aux parties ayant participé aux négociations.

 

C’est de plus en plus flagrant : chacun peut constater que le texte présenté par l’Administration U.S en anglais, et censé correspondre littéralement au texte communiqué en farsi par la théocratie iranienne, sont très différents. Par sa longueur, le texte proposé par Washington est trois fois plus long que l’autre, et par son contenu : la « version Obama » annonce des engagements fermes et définitifs de la part de l’Iran, qui n’existent absolument pas dans la version en farsi.

 

A la défaveur d’Israël, on observe que, dans ce bal des hypocrites, tous les participants aux négociations affirment qu’il s’agit réellement d’un accord. Cela implique le risque de voir la version en farsi mise en œuvre en Iran, et la version en anglais appliquée par l’Occident. Les Occidentaux respecteraient sans doute ce qui est énoncé en anglais, tandis que les Iraniens réaliseraient ce qui est rédigé en farsi. L’Iran possèderait la bombe, se sanctuariserait, financerait actions terroristes et actes de guerre de groupes antijuifs et anti-israéliens, tandis que les Occidentaux fermeraient les yeux, affirmant que rien ne se passe.

 

Ce qui paraît jouer en faveur d’Israël est, aussi, que le Congrès, y compris nombre de Démocrates, entend dénoncer très rapidement, dans les tout prochains jours, le projet d’accord, et rappeler fermement la Constitution des Etats Unis, qui stipule que le président signe les traités, mais qu’ils n’ont aucune valeur sans l’approbation du Sénat. Si une majorité des deux tiers (67 sénateurs) au moins vote contre l’accord, la résolution qu’ils auraient mise aux voix serait à l’épreuve du veto présidentiel, et le projet d’accord avec l’Iran serait rejeté sans qu’Obama y puisse rien.

 

A la défaveur d’Israël, on note qu’Obama semble vouloir soumettre le projet d’accord au Conseil de Sécurité des Nations Unies, instance sur laquelle le Congrès des Etats Unis n’a aucune prise. Le projet ne serait alors pas entériné par les Etats Unis, mais aurait néanmoins l’appui du président des Etat Unis et du reste du monde. Le refus du Congrès serait ainsi contourné à l’échelle mondiale. Ce serait sans précédents, mais avec Obama, tout est possible. [La Maison Blanche ne peut en fait soumettre au Conseil de Sécurité qu’un accord en bonne et due forme, et non un projet d’accord non-contraignant pour les parties, qui ne suffirait probablement pas pour lever les sanctions préalablement adoptées par le Conseil de Sécurité. On voit mal, en effet, le Conseil annuler les sanctions alors que Téhéran n’a encore pris aucun engagement. Ndlr.].

 

Ce qui paraît jouer en faveur d’Israël est aussi que les pays sunnites se sentent aussi menacés qu’Israël par ce qui se trame. Ils voient que l’Iran veut non seulement la destruction d’Israël, mais également la leur. Lors du dernier sommet de la Ligue Arabe, il a été décidé de mettre en place une force arabe conjointe. Laquelle mise en place a commencé. Des bombardements sur les forces Houthi au Yémen, armées et encadrées par Téhéran, se déroulent désormais depuis plusieurs semaines.

 

A la défaveur d’Israël, les pays arabes sunnites sont isolés. Les Etats Unis ne leur accorderont pas davantage de soutien qu’ils ne le font aujourd’hui ; l’Europe non plus.

 

Obama voulait changer radicalement l’ordre du monde, dont il a hérité en accédant à la Maison Blanche, dans une direction hostile au monde occidental. Le moins que l’on puisse dire est qu’il a réussi.

 

Après avoir tenté d’installer les Frères Musulmans au pouvoir en Egypte, après avoir transformé la Libye en terrain d’entrainement pour groupes djihadistes, après avoir laissé s’installer en Syrie une guerre civile qui a fait plus de deux cent mille morts, après avoir abandonné l’Irak à l’Iran, le Liban au Hezbollah, le régime d’Assad à Khamenei, après avoir laissé Erdogan faire glisser la Turquie vers l’islam radical, après avoir commencé à rendre le pouvoir aux talibans en Afghanistan, après avoir laissé le Yémen se partager entre al Qaeda et les Houthi, et l’Etat Islamique grossir comme une énorme tumeur cancéreuse qui dissémine des métastases sur trois continents, et après avoir aussi tenté de déstabiliser Israël de mille et une façons, il espère terminer son mandat en apothéose.

 

Ce qui serait, pour cet abominable gauchiste, antisémite et islamophile devenu chiitophile, une apothéose, ressemble, pour ceux qui vivent au Proche Orient, à un cauchemar qui les saisit à la gorge.

 

 

 

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